Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas | Les Variations Goldberg, BWV 988

Publié le 05/09/2021 - 00:00
Mis à jour le 13/10/2021 - 18:50

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Un thème relativement simple et lent, sur un rythme de sarabande, ouvre le recueil des Variations Goldberg, publié en 1741. Au terme d’un fulgurant voyage, il se fait à nouveau entendre, identique à la note près et totalement renouvelé par le souvenir des étapes traversées. Car avant ce retour – conclusion et recommencement –, Bach l’a déployé en trente variations, multipliant les formes et les styles avec une science et une sensibilité qui font de l’œuvre l’un des sommets de la musique. Seuls les spécialistes savent quels raffinements compositionnels contraignent et structurent leur diversité expressive (pour prendre un exemple relativement simple, non seulement la succession des pièces est commandée par la progression tonale, mais chaque troisième variation à compter de la quatrième est constituée d’un canon, le premier étant à l’unisson, le deuxième à la seconde, le troisième à la tierce – et ainsi de suite jusqu’au dixième et dernier dans la variation 31, qui s’affranchit spectaculairement de la règle juste avant le retour du thème initial). Mais il n’est pas nécessaire d’être musicologue pour être sensible à cet art de la transformation réglée, déclinée selon les formes d’une discipline que son créateur s’est librement imposée. Il en va de même du travail chorégraphique d’Anne Teresa de Keersmaeker. Sa façon de tracer dans l’espace, figure contre figure, une géométrie rigoureuse à l’écoute des variations, sa quête par et dans le mouvement d’un « foyer immobile » d’où rayonne et s’organise la forme dansée, se laissent appréhender immédiatement, intuitivement : cercles et spirales, rotations, diagonales se passent de formules. Certains reconnaîtront peut-être des citations, des allusions à certaines de ses pièces telles qu’Achterland, Rosas danst Rosas ou Drumming, devenues des références majeures de la danse contemporaine. De tels souvenirs sont précieux, mais ne sont pas indispensables à la rencontre avec Anne Teresa De Keersmaeker, à l’heure où elle s’engage dans le dernier de ses solos qu’elle interprète encore elle-même. Si nous assistons bien à une œuvre-somme, celle-ci se construit devant nous. Par l’un de ses versants, elle plonge déjà dans l’histoire de la chorégraphie ; mais cette histoire est faite d’histoires qui se conjuguent au seul présent, liées comme en une gerbe dans la performance vivante d’une grande artiste. Projet partagé avec Le Dancing CDCN Dijon Bourgogne-Franche-Comté, dans le cadre du festival Art Danse 2022.

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