L’auteure bisontine Michèle Tatu, en dédicaces ce samedi aux Sandales d’Empédocle

Publié le 18/09/2023 - 11:32
Mis à jour le 21/09/2023 - 15:19

Fred était le compagnon de Michèle Tatu. Il a été diagnostiqué d’une maladie en 2004 et en est décédé un an plus tard. C’est sous la forme d’un journal que l’auteure bisontine évoque le parcours de Fred, mais aussi son propre vécu, son ressenti alors que la vie continuait en dehors de leur bulle. Michèle Tatu sera en dédicace de son livre Fred portait des jeans (Édition Rue des écoles) le 23 septembre 2023 aux Sandales d’Empédocle à Besançon.

Michèle Tatu © Pierre-yves Mathieu
Michèle Tatu © Pierre-yves Mathieu
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Fred, le compagnon de Michèle Tatu a été diagnostiqué le 13 mars 2004 pour succomber à la maladie le 5 juin 2005. ”Comme nous vivions en huis-clos souvent et que j’avais besoin de réagir, je prenais des notes sur l’évolution de la maladie, les hospitalisations. Des notes plutôt factuelles relatant les événements. Donc au départ j’avais une matière plutôt médicale sur l’évolution de la maladie, les visites des amis… Et puis j’avais besoin aussi de parler de mon ressenti”, nous explique l’auteure. ”Tout cela était une matière âpre et j’ai décidé de construire un récit autour de ce que nous étions l’un et l’autre, Fred c’était le le jazz, moi le cinéma. Fred casanier, moi les voyages et j’ai écris un début de récit qui racontait notre rencontre, nos différences ; ce qui fait l’univers d’un couple avant la maladie et quand elle surgit.”

Pour elle, c’est un hommage écrit sur la base de la phrase de Brel ”Moi je t’offrirai des perles de pluie venu d’un pays où il ne pleut pas”.

Un journal, plutôt qu'un roman

Si les écrits de Michèle Tatu étaient couché sur le papier sous forme de journal, elle souhaitait en faire un roman compact. Finalement, malgré de nombreuses retouches, travaux et autres réflexions, le format du journal persiste. ”J’ai mis du temps parce que la forme de journal ne me satisfaisait pas. En fait, je n’ai pas travaillé constamment pendant 16 ans. Je m’y remettais de temps à autre et la forme du journal résistait. Je changeais ce que je pouvais changer : par exemple je voulais que les dialogues soient sans fioritures comme des dialogues de cinéma”, raconte-t-elle. ”Pendant de longues périodes, je ne travaillais pas bien sûr. Après d’autres réalités arrivent. Mon père va mourir et donc, je sens qu’il faut inclure cet événement dans mon récit. Et un jour je me suis dis puisque je n’arrive pas à trouver une autre forme à ce récit je vais la maintenir comme un journal et l’envoyer à des éditeurs. On verra bien.”

Selon l’auteure, ”il ne s’agit pas d’une fiction, mais d’une matière réelle alors pourquoi pas la forme d’un journal avec la notion de temps qui est dans la maladie et dans la vie des corps de chacun d’entre nous. C’est aussi écrire sur du silence.”

”Une sorte de cérémonie avec des mots"

Écrire sur des personnes disparues, trouver les mots face à la perte : pour Michèle Tatu, ”on écrit sur les personnes qu’on aime parce qu’on a besoin de continuer une sorte de cérémonie avec des mots. Poursuivre l’hommage, les maintenir vivant le plus longtemps possible, les éclairer d’une bougie silencieuse, les mots. Brel disait « moi je t’offrirai des perles de pluie venu d’un printemps où il ne pleut pas ». On soigne les morts pour guérir les vivants jusqu’au moment où on les laisse dans leur coin. Peut-être qu’on écrit pour lutter contre une forme d’inconsolation.”

Et pour alléger le récit, l’auteure bisontine inclut notamment des critiques de cinéma ”pour donner une part de rêve et de vie”, mais aussi des récits de voyages, des souvenirs d’enfance et de ses origines. ”Je voulais casser la tristesse du lecteur”, précise-t-elle.

Infos pratiques

  • Fred portait des jeans
  • Dédicace samedi 23 septembre 2023
  • Libraires Les Sandales d’Empédocle (Grande rue à Besançon)
  • De 15h à 18h
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