Mercosur : le Département du Doubs refuse les produits ne respectant pas les normes européennes pour ses cantines

Le Département du Doubs a annoncé le 30 janvier 2026, une position claire concernant l’approvisionnement alimentaire de ses collèges publics, dans le contexte de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. La collectivité affirme vouloir garantir une cohérence entre les exigences imposées aux agriculteurs français et le contenu des repas servis aux collégiens.

© Alexane Alfaro

Face aux inquiétudes soulevées par l’accord commercial, le Département met en avant plusieurs risques pour l’agriculture nationale et européenne : concurrence jugée déloyale, écarts de normes sanitaires, environnementales et sociales, fragilisation des filières d’élevage et atteinte potentielle à la souveraineté alimentaire.

Dans ce contexte, la présidente du Département du Doubs, Christine Bouquin, précise la ligne adoptée par la collectivité : ”dans ce contexte, le Département du Doubs refuse une logique contradictoire qui consisterait à demander toujours plus d’efforts aux agriculteurs tout en acceptant, dans les assiettes des collégiens, des produits issus de filières ne respectant pas les mêmes règles”.

Le Département indique ainsi qu’il n’achètera pas, pour les restaurants scolaires des collèges publics, de produits alimentaires ne respectant pas strictement les standards sanitaires, environnementaux et sociaux en vigueur en France et dans l’Union européenne. Les filières ne répondant pas à ces exigences seront exclues des approvisionnements.

Un engagement qui concerne des volumes importants

La décision annoncée porte sur un volume d’achats significatif à l’échelle du territoire. Chaque année scolaire, les collèges publics du Doubs servent 1,9 million de repas. Le budget annuel consacré à l’achat de denrées alimentaires s’élève à 5,3 millions d’euros.

Par ailleurs, le Département rappelle qu’au moins un repas par semaine intègre déjà trois composantes issues de productions locales.

Une politique alimentaire déjà engagée

Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie alimentaire plus large, déjà mise en œuvre par la collectivité. Celle-ci repose notamment sur plusieurs dispositifs opérationnels : le groupement d’achats territorialisés lancé au 1er janvier 2026, la démarche Au pré de l’assiette et la plateforme Agrilocal, destinée à faciliter les liens directs entre producteurs locaux et restauration collective.

Dans son communiqué, le Département appelle l’Etat et l’Union européenne à renoncer à la ratification de l’accord UE–Mercosur et à "construire une politique commerciale compatible avec les exigences imposées au monde agricole et les objectifs de souveraineté alimentaire." Et de conclure : "dans le Doubs, l’alimentation n’est pas une variable d’ajustement. C’est un choix politique, éducatif et territorial."

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