Dans sa vidéo, l’élue LFI y dénonce ce qu'elle qualifie de glissement autoritaire de l'équipe du maire Ludovic Fagaut. Elle lui reproche de "dépolitiser l’art" en faisant modifier le titre de cette exposition et de supprimer des éléments jugés "sans doute « trop » politiques" (le mot "anarchie" étant notamment effacé de la communication) au prix, selon elle, d’un effacement de l'Histoire de Besançon, qualifiée de "berceau de la pensée anarchiste" par l’élue.
Elle est rejointe par Aline Chassagne qui, par le biais d’un communiqué, accuse le maire de mettre en pratique la "cancel culture" en "effaçant une fresque qui dérange", puis en "retirant d’une exposition un titre qui déplaît".
Elle rappelle qu’en septembre dernier, la fresque de Nacle dénonçant les violences policières avait été effacée par la municipalité alors qu’elle "se trouvait pourtant sur un mur d’expression libre".
Aujourd’hui, c’est l’exposition "Ni Dieu ni maître ! Art et anarchie", présentée à Roubaix, qui, pour son exposition à Besançon du 27 février au 4 juillet 2027, sera rebaptisée par la municipalité "L’Art en liberté". Sa référence au mot "anarchie" ou au "thème libertaire serait trop « clivante »", précise Aline Chassagne.
"Le maire n’est pas le directeur de conscience des Bisontins"
Des décisions qui "traduisent une même logique", pour l’élue communiste, celle "d’effacer ce qui dérange le pouvoir". Aline Chassagne ajoute encore : "La droite prétend défendre la liberté d’expression, mais ne la tolère que lorsqu’elle plaît aux puissants. Comme l’écrivait George Orwell, "si la liberté a un sens, elle signifie le droit de dire aux autres ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre". C’est précisément cette liberté que M.Fagaut devrait respecter, plutôt que de chercher à neutraliser les expressions qui lui déplaisent".
Arguant que "le maire n’est pas le directeur de conscience des Bisontines et des Bisontins", elle rappelle qu’un musée "n’a pas vocation à présenter uniquement des idées compatibles avec les préférences politiques du maire" et demande le maintien du titre originel de l’exposition et "la fin des interventions politiques visant à aseptiser la création artistique".
Martigues conserve également le nom originel
Du côté de la municipalité bisontine, nous avons tenté ce jeudi matin d’avoir la réaction de l’élue en charge de la Cuture, Anne-Rachel Schertz, mais celle-ci ne nous avait pas encore recontacté au moment de la publication de cet article.
Par ailleurs, après Besançon, l'exposition, qui montre comment l'art peut être une forme de résistance, sera présentée au musée Ziem de Martigues et retrouvera alors son titre originel "Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy". Seul le public bisontin aura donc droit à une version rebaptisée, quand Roubaix et Martigues conserveront la devise libertaire. Les Bisontins seraient-ils donc les seuls à ne pas pouvoir appréhender une exposition d'art sans que son titre n'ait été au préalable dépolitisé ? Une chose est sûre, en voulant "libérer" l'art de la politique, la Ville obtient justement l'effet inverse. Elle ne le protège pas, elle en fait précisément un objet politique.



