"Nous sommes dans une salle de spectacle, nous avions le concert de Lady Gaga. À midi, trois individus sont entrés dans le bâtiment. Il y a eu une prise d’otages, des échanges de coups de feu et des explosions. Au total, six personnes sont décédées ainsi que trois terroristes. Nous avons 52 victimes en urgence absolue et 22 en urgence relative. Elles ont été envoyées dans les hôpitaux et sont prises en charge", a expliqué Fabien L., commandant de police, chef d’unité nationale d’intervention, lors d’un brief devant les équipes de la police technique et scientifique à Besançon.
Après avoir pris des notes sur le rappel des procédures et enfilés leurs uniformes, les agents de la police scientifique se sont ensuite rendus sur le terrain. Différentes étapes, très codifiées, constituent leur intervention : "Tout est référencé pour avoir une traçabilité exhaustive. C’est très important. Quand on se retrouve avec 400 scellés à la fin des investigations, il faut que l’on sache exactement d’où cela provient. Par la suite, il va y avoir un procès et il faudra montrer à la cour d’où provient l’élément qui a permis d’identifier les complices", a précisé le chef de l’UNI.
Sur les trois scènes de crime mis en place pour l’exercice, on retrouve des mannequins dont les corps ont été mutilés par les assaillants ou pas les explosifs. Les scènes, assez réalistes, sont encadrées par un cordon de police.
Une levée de doute et des prélèvements d’urgence sont effectués afin d’identifier les auteurs. Les techniciens peuvent ensuite entrer et réaliser les manipulations nécessaires avec un ratissage complet du secteur. "Cela permet d’orienter l’enquête et d’avancer dans les investigations avec une exploitation des éléments permettant des relevés de traces et indices", a souligné Fabien L.
Quel est le but de l’exercice ?
L’unité déployée pour la journée à Besançon (UNI) est déjà intervenue sur des scènes d’attentats. Elle a une solide expérience et a pour objectif de transmettre les savoirs techniques acquis sur terrain aux agents de la police scientifique local. La matinée a consisté à présenter la méthodologie, elle a ensuite été mise en place l’après-midi durant l’exercice.
"Ce sont des techniques d’investigation que ces services n’ont pas l’habitude d’utiliser même s’ils gèrent des scènes de crime. Dès qu’il y a un attentat ou une scène de crime majeure, on va leur demander de travailler d’une autre manière", a expliqué le chef d’unité nationale d’intervention qui indique que la méthodologie est "mise à jour avec le temps" : "Elle évolue en fonction de nos retours d’expérience. On l’a fait évoluer suite à l’attentat de Nice en 2016, suite à l’affaire Paty également".


