Terrorisme : les maires n'auront pas les noms des fichés S

Publié le 14/10/2016 - 07:51
Mis à jour le 14/10/2016 - 09:57

Dans un entretien au «JDD» le week-end dernier, le ministre de l’Intérieur invoque des raisons juridiques et la nécessité de la confidentialité pour les enquêtes.

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve exclut de transmettre les noms des fichés S de leurs communes aux maires, comme certains le demandent, en invoquant la nécessité de la confidentialité pour les enquêtes, dans un entretien au Journal du dimanche. Les fichés S (pour sûreté de l’Etat) "sont surveillés et non judiciarisés, ce qui indique que leur dangerosité n’est pas avérée", et "la communication d’une fiche S est impossible" pour des raisons juridiques, souligne-t-il.

"Cette confidentialité est aussi la condition de l’aboutissement des enquêtes", poursuit-il en évoquant l’arrestation de 355 personnes en lien avec des réseaux terroristes depuis janvier. "D’un autre côté, nous devons trouver un dispositif qui permette d’associer les maires au processus de prévention et de déradicalisation et qui n’obère pas l’efficacité des services de renseignement – ce que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très bien. Nous le faisons", assure le ministre. "Par contre, vouloir placer en détention des individus qui n’ont commis aucun crime au seul motif qu’ils ont retenu l’attention des services, c’est inefficace et contraire à la Constitution" et aux "valeurs de la République", réaffirme-t-il.

"Nos efforts paient" dans la lutte antiterroriste, juge Bernard Cazeneuve. "On estime à moins d’une vingtaine le nombre de ceux qui ont réussi à quitter notre pays depuis le début de l’année", dit-il. Actuellement, "17 mineurs combattants" français en zone irako-syrienne sont recensés, ajoute-t-il.

Le ministre de l’Intérieur dénonce enfin l’attitude de certains à droite sur l’accueil des migrants. "Quand des présidents de région invitent la population à se révolter contre les préfets pour que des migrants relevant de l’asile – c’est le cas de 80?% des gens de Calais – ne soient pas accueillis dans des conditions dignes, et qu’en même temps ils demandent le démantèlement de la "jungle?" de Calais, ils ne sont pas seulement démagogues, ils sont surtout irresponsables", accuse-t-il

Politique

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