La septuagénaire a été mise en examen et incarcérée dimanche pour "homicide sur conjoint", a précisé la vice-procureure. Elle a ensuite été transférée en milieu psychiatrique en raison de son état mental. En état d’épuisement et de choc manifeste, elle "ne semble pas réaliser la portée de ses gestes", a ajouté Christine de Curraize.
Cette dame qui s'occupait de son mari de 88 ans, souffrant de la maladie d'Alzheimer et de problème de vessie, a reconnu lors de sa garde à vue l'avoir tué dans la nuit de jeudi à vendredi, dans leur maison de Grandfontaine une commune de l'agglomération de Besançon où le couple était installé depuis de nombreuses années.
"Elle a expliqué qu'elle s'était réveillée la nuit et que, sur un coup de tête, qu'elle liait à son état de fatigue, elle s'était emparée d'un marteau et avait porté de multiples coups sur la crâne de son mari alors qu'il dormait", selon la magistrate. "Elle a ensuite souhaité se donner la mort, s'alcoolisant pour se donner du courage", a poursuivi Mme de Curraize. Le femme s'était entaillé les bras et avait voulu se défenestrer, sans toutefois aller au bout du processus.
Des voisins qui l'avaient aperçue à sa fenêtre au premier étage, vendredi vers 8h30, étaient intervenus pour lui venir en aide et avaient découvert son conjoint gisant dans son lit, la tête ensanglantée avant de donner l’alerte.
La victime devait intégrer un EHPAD cette semaine
Cette mère de trois enfants adultes qui "s'occupait constamment de son mari", a confié aux enquêteurs de la gendarmerie être "épuisée" par la situation. L'état de santé de son mari s'était "considérablement dégradé ces derniers temps" et il devait rejoindre un Ehpad cette semaine, a relevé Mme de Curraize.
Au cours de son audition, l’accusée a reconnu être "épuisée par la situation" mais n’avoir pas sollicité l’aide de ses proches pour autant. Cet état d’épuisement s’était manifesté par deux malaises la semaine dernière constaté par son médecin qui avait d’ailleurs préconisé le placement en EHPAD de son conjoint. "Elle appréhendait le fait que son mari soit placé dans cet Ehpad, tout en ayant conscience que ce n'était plus possible de le garder à domicile", a constaté la vice-procureure.
Les proches du couple ont été "extrêmement surpris du passage à l'acte" de cette femme qui était "très présente pour son mari", ils "n'avaient pas mesuré l'intensité de sa fatigue, ni constaté d'état dépressif", a-t-elle ajouté.
Christine de Curraize a précisé qu’il n’y avait "pas de notions de violence dans le couple" qui était régulièrement suivi par un médecin et une infirmière qui passait quotidiennement au domicile pour des soins.
(avec AFP)


