Transporteurs routiers : une enquête pour travail illégal chez le patron du Medef

Publié le 10/11/2011 - 20:06
Mis à jour le 16/04/2019 - 17:15

Mory LDI, l’entreprise qui a repris le transporteur Buffa de Bourogne dans le Territoire de Belfort en décembre 2010, est sous le coup d’une enquête pour travail illégal. Le président de Mory LDI, Christophe Bossonnet, n’est autre que le patron des patrons francs-comtois. 

filiales en slovaquie

Comme deux autres transporteurs de la région, l'entreprise de Devecey est soupçonnée d’employer des Slovaques sans respecter la législation en vigueur. Du coup, le conseil régional, qui devait approuver ce jeudi après-midi une avance remboursable de 450 000 euros dans le cadre d’un tour de table organisé par l’Etat au profit de Buffa, a décidé de retirer le dossier et de le repousser en décembre.

« C’est un sujet qui me met dans la plus grande perplexité et j’ai bien envie qu’on le retire. On ne doit pas statuer maintenant », a d’emblée précisé Marie-Guite Dufay en évoquant cette avance au bénéficie de l’entreprise de Bourogne et ses 270 salariés en très grande difficulté depuis plus d’un an.

C’est Denis Sommer, vice-président chargé de l’économie à la Région, qui a fait état « avec des pincettes » des derniers rebondissements dans ce dossier pour lequel l’assemblée régionale a été sollicitée par l’Etat lui-même.

« Le dossier sera transmis au procureur »

 Mercredi, les membres du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) ont eu connaissance d’une « note sur les entreprises de transport routier de marchandises en Franche-Comté et l’utilisation de main d’œuvre étrangère » émanant de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) et de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).

Le document daté de mai 2011, que maCommune.info s’est procuré, vise en fait trois entreprises de la région. Les transports Jeantet, les transports Gérard et l’entreprise Mory LDI de Devecey près de Besançon. Cette dernière est dirigée par Christophe Bossonnet, président du Medef du Doubs et de Franche-Comté. Depuis décembre 2010, il est également président des transports Buffa où il a découvert que la situation financière de l’entreprise du Territoire de Belfort était bien pire que celle présentée lors de la reprise.

Selon l’administration, « le contrôle mené par les contrôleurs des transports terrestres n’est à ce jour pas finalisé, néanmoins les constats d’ores et déjà effectués laissent supposer que les faits sont potentiellement constitutifs de travail dissimulé par dissimulation d’activité, de dissimulation d’emploi salarié, de prêt illicite de main-d’œuvre de marchandage et d’exercice de l’activité de transporteur public routier de marchandises sans inscription au registre pour leurs filiales. Le dossier clos sera transmis au procureur de la République ».

La note constate que « l’implantation dans les pays de l’Est ne répond pas à une logique de sous-traitance classique, mais à une véritable dissimulation d’activité et que l’ouverture de filiales dans les pays de l’Est est concomitante d’une baisse régulière des effectifs des établissements en France ».

A leur décharge, les trois transporteurs ont fait savoir aux enquêteurs « que les entreprises françaises choisissent de s’implanter dans les pays de l’Est pour maintenir leur chiffre d’affaires, d’après eux en forte baisse depuis 2004, et pour maintenir les emplois de leurs établissements en France ».

« Manque de loyauté » de l’Etat

Denis Sommer n’est évidemment pas rentré dans les détails. Il a simplement confirmé qu’il y avait une enquête sur la société Mory » et a bien souligné « qu’il fallait être extrêmement prudent car il y a 270 emplois en cause ». En effet, enquête ne veut pas dire culpabilité. Ce sera à la Justice de se prononcer.

Comme Marie-Guite Dufay, le maire de Grand-Charmont a toutefois estimé « qu’on ne pouvait pas délibérer dans de bonnes conditions et dans une ambiance comme celle-là ». Il a regretté « le manque de loyauté » de l’Etat qui s’est bien passé de prévenir qu’il y avait une enquête en cours. « Le conseil régional manifeste son soutien aux salariés de Buffa, mais on doit faire le point avec l’administration avant de voter une avance », a-t-il conclu.

Le député UMP Denis Bonnot a partagé la prudence de Denis Sommer. « Buffa doit être sauvée, mais on manque d’éléments. Il faut effectivement différer en décembre. D’ici là on aura plus d’éléments ».

  

Politique

" Casseurs-payeurs " : un projet de loi critiqué au Sénat, en plein coeur de la contestation

Au coeur d'un automne marqué par de nombreux mouvements de contestation virant parfois aux pillages, le Sénat se penche mardi sur le projet de loi "casseurs-payeurs" et ses mesures décriées sur la responsabilité collective des fauteurs de trouble et la saisie de leurs prestations sociales.

Le sénateur Longeot dépose un amendement pour interdire de manifester à visage dissimulé

Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, a déposé un amendent visant à interdire de manifester avec le visage dissimulé. Ce dernier sera consulté dans le cadre de l'examen, mardi 27 octobre 2026, du Projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de dégradations commises dans l'espace public.

Attaques de Trappes : les élus de l’opposition municipale de Besançon demandent au maire d’organiser un rassemblement lundi à 18h00

Mise à jour • Un homme a tué une personne et fait cinq blessés dans les Yvelines vendredi 23 octobre 2026 lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron. Les élus de l’opposition demandent à Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, d’organiser un rassemblement à 18h00 place Granvelle lundi 26 octobre 2026.

Olivier Rietmann réélu à la tête de la Délégation aux entreprises du Sénat

Le sénateur de la Haute-Saône a été reconduit jeudi 22 octobre 2026 pour trois années supplémentaires à la présidence de cette instance parlementaire, qui rassemble plus de 40 sénateurs de différents horizons politiques, chargée de rapprocher le Sénat du monde économique et de soutenir le développement des entreprises.

À Besançon, À Gauche Citoyens ! condamne les violences et défend les revendications sociales

L’association À Gauche Citoyens ! condamne les violences, les dégradations et les pillages survenus en marge de la manifestation du 17 octobre. Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, elle défend les revendications portées par les manifestants et critique la politique du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le collectif annonce également qu’il ne s’est pas associé à l’appel du maire de Besançon lundi soir.

Rassemblement contre les violences urbaines à Besançon : un appel à l’apaisement qui tourne à la confrontation

VIDÉO • Réunis lundi 19 octobre devant l’hôtel de ville à l’appel de l’Association des maires de France et de France urbaine, environ 250 personnes ont répondu à l’invitation du maire, Ludovic Fagaut. L’arrivée d’un contre-rassemblement d’une centaine de personnes a rapidement tendu l’atmosphère. Entre condamnation des dégradations, revendications sociales et désaccords sur les valeurs républicaines, les échanges ont illustré les divisions apparues après les événements du 17 octobre.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 14.21C°
peu nuageux
le 28/10 à 16h00
Vent
3.3 m/s
Pression
1028 hPa
Humidité
71 %

Sondage