Besançon, capitale mondiale de la francophonie éducative pendant une semaine

Publié le 10/07/2025 - 18:00
Mis à jour le 10/07/2025 - 17:16

VIDÉO • Le XVIe Congrès mondial de la FIPF s’est ouvert ce jeudi 10 juillet 2025 dans la capitale comtoise, réunissant 1.200 enseignants de français de 102 pays du monde autour du thème : “les utopies francophones en tous genres”.

Pour la première fois depuis l’édition parisienne de 2000, le Congrès mondial des professeurs de français se tient de nouveau en France. Organisé tous les quatre ans, le rendez-vous avait dû se dérouler à distance en 2021 à cause de la pandémie de Covid-19. Cette 16e édition marque ainsi un retour très attendu, comme le souligne Viviane Youx, présidente de l’Association française des enseignants de français (AFEF) : ”L’idée a germé avec le CLA de Besançon en 2021. Depuis, nous préparons cet événement depuis quatre ans.”

Le congrès se tient jusqu’au 17 juillet dans plusieurs lieux emblématiques du centre-ville de Besançon, notamment le Kursaal, le Théâtre Ledoux, le Palais Granvelle et la faculté des lettres de l’Université Marie et Louis Pasteur. La ville a été choisie non seulement pour sa dimension à taille humaine mais aussi pour son lien historique fort avec la francophonie.

Une thématique ancrée dans le territoire : les utopies francophones

Le thème de cette édition, les utopies francophones en tous genres, veut reflèter l’héritage intellectuel et culturel de Besançon, ville de Charles Fourier, de Jenny d’Héricourt, de Pierre-Joseph Proudhon ou encore de Gustave Courbet, ”même s’il vient d’Ornans, ce n’est pas loin !” ajoute Viviane Youx en souriant. ”C’est un thème porteur, qui invite à repenser l’avenir, à se projeter dans une utopie positive. Une utopie francophone, certes, mais en tous genres, avec des valeurs d’égalité entre tous les êtres humains, filles et garçons”, insiste-t-elle.

Ce thème irrigue l’ensemble des quatre axes du programme scientifique : la diversité linguistique, les pratiques d’écriture, l’enseignement de la littérature et le français comme langue de travail.

Une mobilisation exceptionnelle et associative

Plus de 1.200 congressistes issus de 102 pays participent à cette édition, accompagnés par près de 120 bénévoles. Pour Cynthia Eid, présidente de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), c’est avant tout un moment humain : ”c’est un congrès associatif avant tout. Nous sommes une fédération de 220.000 adhérents et sympathisants, avec un million de professeurs de français dans le monde.” Elle alerte néanmoins sur les difficultés du métier, en précisant que ”30 % quittent la profession. Ce n’est pas un phénomène uniquement français, c’est mondial.”

Malgré les soutiens institutionnels, de nombreux congressistes n’ont pas pu participer pour cause de refus de visa.

Besançon, “centre du monde” pendant une semaine

Anne Vignot, maire de Besançon, a salué la tenue de ce congrès comme une reconnaissance pour la ville. ”Quand on nous a dit que Besançon allait être le centre du monde... Nous en sommes fiers.” L’accueil de ce congrès est aussi un enjeu d’image et de rayonnement pour le territoire. ”Dans un monde qui se fragmente, la langue permet de recoudre des liens”, ajoute l’élue.

Le Centre de linguistique appliquée (CLA), pilier de l’organisation, a joué un rôle central dans l’élaboration de l’événement. Son directeur Carlos Tabernero insiste sur la dimension collective du projet. ”Depuis la conception du dossier, c’est une véritable aventure collective. Le lien entre Besançon et la communauté internationale des professeurs de français est ancien et fort”, déclare-t-il.

Une logistique hors norme

Doubs Tourisme a coordonné l’ensemble de la logistique : hébergements, restauration, excursions, pass culture. ”Ce congrès dépasse tout ce qu’on a fait jusqu’ici”, reconnaît Béatrix Loison, sa présidente, ”1.200 chambres réservées, 2.275 nuitées, 3.000 déjeuners servis, 60 prestataires mobilisés…”

Les congressistes bénéficieront d’un pass culture-tourisme leur donnant accès gratuit à tous les musées de Besançon ainsi qu’aux transports en commun. Des visites touristiques, des spectacles et un gala au Palais Granvelle ponctueront également l’événement.

Des temps forts autour du patrimoine et de la réflexion éducative

Parmi les moments marquants : la cérémonie d’ouverture ce jeudi après-midi au Théâtre Ledoux, avec des interventions institutionnelles, et la conférence du professeur Jean-Louis Chiss sur les “utopies linguistiques et culturelles”. Le 17 juillet, la clôture accueillera le chanteur Aldebert et une conférence de Philippe Meirieu intitulée ”Utopies éducatives pour le meilleur et pour le pire ?”

”Besançon accueille le monde. On va y entendre des dizaines de langues. Et, ce n'est pas un hasard si Besançon accueille ce congrès, entre Besançon et la communauté des professeurs de français, il y a une longue histoire”, résume Carlos Tabernero.

Ce XVIe Congrès mondial de la FIPF, pensé comme une utopie devenue réalité, incarne un espoir pour la francophonie éducative et pour la place de l’enseignement du français dans le monde. ”L’utopie de départ s’est réalisée”, conclut Viviane Youx.

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Culture

Festival Drôlement bien 2026 : quatre jours pour faire rire Besançon et rassembler tous les publics !

Le festival Drôlement bien a été officiellement lancé mercredi 21 janvier 2026 au Casino Joa de Besançon. La 4e édition de cet événement 100% humour se tient du 22 au 25 janvier 2026 dans plusieurs lieux bisontins. Entouré de son équipe et des partenaires de l’événement, son fondateur Hamid Asseila a rappelé l'ADN du festival et lancé un appel au nom du monde de la culture...

Jérome Durain demande le rapatriement du Désespéré de Courbet en Bourgogne-Franche-Comté

Le président de la région Bourgogne-Franche-Comté Jérôme Durain a adressé un courrier à la ministre de la Culture Rachida Dati le 20 janvier 2026 pour l’appeler à "favoriser le rapatriement en Bourgogne-Franche-Comté" de l’oeuvre magistrale de Gustave Courbet : Autoportrait de l’artiste dit Le Désespéré. 

À Besançon, le restaurant L’Unalôme inaugure un nouvel espace culturel… dans sa cave

Référence reconnue de la scène gastronomique bisontine depuis 4 ans, le restaurant L’Unalôme annonce l’élargissement de son activité avec l’ouverture d’un espace dédié à la culture et à l’événementiel. Installé dans une cave voûtée réaménagée, ce nouveau lieu accueillera à la fois une programmation artistique régulière et des événements privatifs, a-ton appris ce mardi 20 janvier.

Un petit coup de pouce pour le premier album de David Demange et Serge Kakudji…

Le contre-ténor Serge Kakudji et le guitariste David Demange lancent, lundi 19 janvier 2026, une campagne de financement participatif afin de soutenir la production de leur premier disque en duo, intitulé Mwezi Una Angara. Cette initiative vise à accompagner l’enregistrement et la fabrication de l’album, dont la sortie est prévue à l’automne 2026.

Une jeune auteure franc-comtoise transforme son vécu et ses blessures en livre

Originaire de Vaire, dans le Doubs, Célia Ardiet publiera prochainement en auto-édition La face cachée de la vérité, un ouvrage de témoignage consacré aux blessures invisibles, aux violences, aux silences et aux combats intérieurs que traversent de nombreux jeunes. À travers un récit écrit pendant plusieurs années, l’auteure met en mots des expériences marquées par la peur, la trahison et l’angoisse, mais aussi par la reconstruction et l’espoir, avec l’objectif de sensibiliser et de soutenir celles et ceux qui pourraient s’y reconnaître.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
Infos pratiques

Sondage

 6.85
couvert
le 25/01 à 15h00
Vent
0.25 m/s
Pression
997 hPa
Humidité
83 %