Des bébés dans un sac de courses : une mère aux assises de Dijon pour infanticide

Publié le 02/03/2026 - 08:11
Mis à jour le 02/03/2026 - 08:12

"Affolement" ou "volonté de s'en débarrasser" ? Une jeune femme sous l'emprise d'un beau-père strict est jugée à Dijon, dès lundi 2 mars 2026, pour avoir dissimulé dans un sac de courses, juste après l'accouchement, ses jumelles nées prématurées. Une seule survivra, par miracle. 

Tribunal judiciaire de Dijon © Marie-Dominique Trapet
Tribunal judiciaire de Dijon © Marie-Dominique Trapet

Dans la nuit du 23 au 24 mai 2020, une ambulance est appelée au chevet d'une femme de 20 ans se plaignant d'une "fausse couche". À leur arrivée, les ambulanciers demandent "ce qui a été expulsé". La jeune femme et sa mère tendent alors un sac de courses, restant muettes sur son contenu, explique l'accusation. Le personnel soignant y découvre le corps sans vie d'un nouveau-né et un autre qui vit toujours. Les jumelles, nées à moins de sept mois de grossesse, ne pesaient qu'environ 800 grammes. Elles étaient cependant toutes les deux en vie lors de l'accouchement, selon l'autopsie. 

Leur mère, qui ne voulait pas d'enfant et qui avait été quittée par le père, les avaient "empaquetées" dans des vêtements, selon l'accusation, à tel point que la sage femme de l'hôpital avait eu "des difficultés" à les libérer. Les bébés avaient été mis dans un sac en toile de type tote bag, puis la grand-mère, âgée de 38 ans, avait placé l'emballage dans un autre sac plastique d'une grande marque de discount. Le sac avait été caché derrière une armoire, loin de la vue du père adoptif de la jeune mère et compagnon de la grand-mère.

Deux heures sur le sol de la chambre

La jeune femme savait que les bébés étaient en vie, selon l'accusation, mais elle les avait laissés près de deux heures sur le sol de sa chambre, le temps de nettoyer les traces des accouchements dans les toilettes et la salle de bains et de faire des recherches sur internet sur les "fausses couches", ajoute l'accusation.

Faisant preuve d'une "certaine immaturité", selon un expert psychiatre, la jeune mère aurait été emprisonnée par des principes religieux musulmans rendant impossible d'évoquer des relations sexuelles avant le mariage, et la poussant à cacher sa grossesse à son père adoptif, un croyant à la mentalité stricte.

Détresse et affolement

"Il n'y a pas d'infraction pénale", assure Me Chloé Bonnat, assurant la défense de la mère, poursuivie pour meurtre et tentative de meurtre, comme la grand-mère. L'avocate demande l'acquittement, plaidant une "situation de détresse absolue" et "d'affolement", la mère ne sachant même pas qu'elle portait des jumelles.

"Ce n'est pas le fruit du hasard", répond auprès de l'AFP Marie-Christine Klepping, avocate de membres de la famille qui se sont constituées parties civiles. "Il y avait une volonté de s'en débarrasser", ajoute-t-elle.

Le procès aux assises de Côte d'Or devrait s'achever vendredi.

(AFP)

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