Dans son communiqué, la parlementaire remet en question l’idée selon laquelle la baisse du chômage traduirait nécessairement une amélioration des conditions de travail. Elle écrit : ”Et si la réalité était tout autre ? Si une part trop importante des emplois proposés ne permettaient plus de vivre de son travail ?”
S’appuyant sur les données de la DARES, elle évoque une transformation structurelle du marché du travail. Selon elle, ”la part des CDD dans les embauches atteint son plus haut niveau depuis 2018 (84 %)” et, parmi ces contrats, ”près de 9 embauches sur 10 concernent des contrats très courts inférieurs à 31 jours.”
Une situation particulièrement marquée en Côte-d’Or
À l’échelle locale, la députée souligne que la tendance touche également son territoire. Elle note que, dans le département, ”la proportion de contrats courts est moins élevée qu’à l’échelle de la Côte-d’Or où elle atteint 74 % des embauches annuelles.” Elle estime que ”cette part des contrats courts est devenue structurelle dans les offres d’emplois proposés.”
Cette évolution aurait pour conséquence l’émergence d’une nouvelle catégorie de travailleurs, décrite ainsi : ”des actifs en emploi, mais maintenus dans l’insécurité.”
Des publics vulnérables particulièrement exposés
Le communiqué insiste sur les effets de cette dynamique pour certaines catégories de la population. La députée interroge : ”Alors comment expliquer cette obsession à pousser vers l’emploi les personnes les plus vulnérables (…) quand ces emplois ne sont plus source d’intégration sur le marché du travail mais transforment les personnes en main d’œuvre précarisée?”
Elle avance également un chiffre local : ”En novembre 2025, près de 14 000 demandeurs d’emploi dijonnais étaient déjà en activité, cumulant des contrats courts tout en restant inscrits à France Travail.” Cela représenterait, selon elle, ”près de la moitié des demandeurs d’emploi tenus d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi.”
Critique des propositions patronales
Océane Godard se montre critique envers certaines orientations défendues par le MEDEF. Elle mentionne des pistes telles que ”allongement de la période d’essai, rupture de contrat sans motif pendant trois ans, adaptation du SMIC, et dérégulation accrue des contrats courts.”
D’après elle, ”loin de résoudre le problème, ces propositions institutionnaliseraient la précarité, en faisant porter le poids des ajustements économiques sur les épaules des travailleurs les plus vulnérables.” Elle pose alors la question : ”Comment, dans ces conditions, prétendre construire un marché du travail équitable ?”
Plaidoyer pour une réforme structurelle
Face à ce constat, la députée affirme défendre ”une réforme ambitieuse du code du travail en lien avec les partenaires sociaux.” Elle précise : ”Il ne s’agit pas de nier la nécessité de flexibilité pour les entreprises, en particulier les TPE-PME, mais de rééquilibrer les règles pour concilier compétitivité et protection des travailleurs.”
Elle met en avant les attentes des jeunes générations et estime que la modernisation du marché du travail ne doit pas se faire au détriment des droits fondamentaux, évoquant notamment ”le droit à un emploi décent, stable et rémunérateur.”
En conclusion, Océane Godard appelle à replacer la qualité de l’emploi au centre des politiques publiques. Elle affirme : ”il est urgent d’ouvrir les discussions pour faire de l’emploi un véritable vecteur d’émancipation.” Et ajoute : ”Il est temps de replacer l’emploi – et non simplement le travail – au cœur du débat public.”
Elle fixe enfin une perspective politique plus large : ”L’ambition est claire : construire un modèle où chaque actif peut accéder à un emploi stable, valorisant et émancipateur.” Un objectif qui, selon elle, ”doit être au cœur des élections présidentielles de 2027.”


