La zone commerciale de Chateaufarine et sept rues du centre-ville de Besançon concernées par un arrêté anti-mendicité agressive

Publié le 29/05/2026 - 17:00
Mis à jour le 29/05/2026 - 16:58

VIDEO + réactions • Suite à plusieurs rixes, vols et alertes données par des riverains et commerçants de Besançon, le maire de la Ville, Ludovic Fagaut a décidé de prendre un arrêté anti-mendicité agressive. Il entre en vigueur du 29 mai au 15 octobre 2026 de 10h00 à 20h00. Il pourra éventuellement être renouvelé.

Jean-Pascal Reyes, adjoint délégué à la sécurité, à la lutte contre les incivilités et au stationnement, Ludovic Faagut, maire de Besançon et Myriam Lemercier, adjointe à la politique de la ville et la vie des quartiers et vie associative © Hélène Loget
Jean-Pascal Reyes, adjoint délégué à la sécurité, à la lutte contre les incivilités et au stationnement, Ludovic Faagut, maire de Besançon et Myriam Lemercier, adjointe à la politique de la ville et la vie des quartiers et vie associative © Hélène Loget

"Entre le 15 avril et le 20 mai, ce sont 60 mains courantes qui ont été relevées au centre-ville, 29 troubles à l’ordre public ou attroupement agressifs, 15 faits d’ivresse, six rixes et six vols", énumère Ludovic Fagaut ce vendredi matin devant la presse.

Face à ce constat, le maire a décidé de prendre un arrêté anti-mendicité agressive sur différents secteurs. Les voici :

  • La Grande rue entre le pont battant et la rue de la préfecture
  • Place Pasteur
  • Place du 8 Septembre
  • Rue des Granges
  • Rue Battant
  • Rue Champrond
  • La zone commerciale de Chateaufarine
  • Le passage Pierre Adrien Pâris (entrée des Halles Beaux-Arts)

"Ce n’est ni un billet d’humeur ni un acte de communication", a tenu à préciser Jean-Pascal Reyes, adjoint délégué à la sécurité, à la lutte contre les incivilités et au stationnement.

Qu’est-ce que la mendicité agressive ?

Concernant le terme de "mendicité agressive", il a été détaillé que cela concernerait "des injures", "des crachats", "quelqu’un qui vous prend le bras" ou "qui vient vous interpeller à plusieurs reprises pour vous demander de l’argent où autre, c’est de la mendicité agressive", a précise le maire.

L’arrêté concerne aussi des personnes avec des chiens "lorsqu’ils créent une gêne, un danger et des aboiements répétés et des problèmes de propreté", a précisé L. Fagaut qui a précisé que l’arrêté ne se substituait pas à l’action sociale.

Et concernant les sanctions ? Si c’est une amende, le prix peut s’élever à 150 euros ou encore une garde à vue ou une peine de prison (jusqu’à 6 mois). Sur le sujet des ressources des personnes sans domicile fixes, Myriam Lemercier, adjointe à la politique de la ville et la vie des quartiers a indiqué qu’elles avaient droit à un "RSA majoré". C’est sans rappeler que ces personnes sont sans salaire et que le RSA ne peut pas être saisi.

Qu’en est-il des associations qui alpaguent à plusieurs reprises les passants ?

Si la question, quelque peu tatillonne, a pu faire sourire l’assemblée, elle n’en reste pas moins un constat. Régulièrement, des personnes, mandatées par des associations, interceptent avec plus ou moins d’assistance les passants. Si elles effectuent ces "quêtes" pour des associations à but non-lucratif (on en conviendra), elles demandent (in fine) également de l’argent. "Je crois qu’il faut faire preuve de discernement sur le sujet, on ne peut pas comparer le tissu associatif qui va sur des quêtes annuelles ou périodiques à de la mendicité agressive du quotidien", nous répond Ludovic Fagaut.

Les élus communistes dénoncent des quartiers "carte postale"

Faisant suite à la conférence de presse donnée ce vendredi matin par le maire, les élus communistes ont souhaité réagir dans un communiqué.

"L’arrêté municipal du 29 mai 2026, visant la mendicité agressive et l’alcoolisation sur la voie publique à Besançon, ne répond nullement à une véritable volonté d’accompagnement social. Il révèle au contraire une politique visant à faire disparaître les pauvres de la vue des habitants, sans résoudre le problème de fond", précisent-ils en ajoutant que cette décision revient à "déplacer temporairement les personnes d’un quartier à un autre". Ils ajoutent également que "cette logique de déplacement se confirme par le projet du maire de déplacer la Boutique Jeanne Antide, principale structure d’accueil de jour du quartier Battant". Pour les élus communistes, l’arrêté revient à "créer des quartiers carte postale".

De son côté, les élus de la France Insoumise dénoncent une "communication permanente et l'autoritarisme dans comme hors du conseil municipal" : "Il confirme surtout sa vision des publics les plus fragiles: non pas l'accompagnement ou la solidarité, mais la stigmatisation et l'éloignement des plus précaires hors du centre-ville", écrivent-il dans un communiqué. Sur le même principe que les élus communistes, LFI explique cette décision "déplace la pauvreté, la rend moins visible et stigmatise celles et ceux qui vivent déjà dans des conditions extrêmement difficiles".

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 27.96
ciel dégagé
le 29/05 à 18h00
Vent
2.33 m/s
Pression
1020 hPa
Humidité
41 %

Sondage