Longtemps cantonné au rang de genre mineur, l'art animalier connaît une véritable révolution entre 1848 et 1914. Dans le sillage du réalisme porté par Gustave Courbet, les artistes accordent désormais à l'animal une place centrale. Ce changement accompagne une époque où les questions de protection animale, d'industrialisation de l'élevage ou encore de rapport à la nature émergent dans le débat public.
Grâce au soutien exceptionnel du musée d'Orsay et aux prêts de nombreuses institutions françaises, l'exposition rassemble des chefs-d'œuvre de Gustave Courbet, Rosa Bonheur, Emmanuel Frémiet, François Pompon, Alfred Stevens ou encore Constant Troyon. Un parcours riche qui met en lumière l'évolution des sensibilités artistiques autant que celle de notre relation au vivant.
Un parcours en cinq temps
L'exposition débute avec l'héritage du peintre hollandais Paul Potter, dont les œuvres ouvrent la voie à une peinture fondée sur l'observation directe de la nature. Elle montre ensuite comment l'art animalier devient un outil au service des grandes réformes agricoles du XIXe siècle, notamment à travers les œuvres emblématiques de Rosa Bonheur.
Le visiteur découvre également la naissance d'une véritable conscience de la cause animale. La création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845 et les premières lois contre la maltraitance inspirent les artistes, qui choisissent désormais de représenter la souffrance, la dignité et les émotions des animaux.
Une autre section interroge l'anthropomorphisme et la frontière entre l'humain et l'animal, tandis que les espaces consacrés au naturalisme montrent comment peintres et sculpteurs quittent les ateliers pour observer directement la faune dans les forêts ou au Muséum d'histoire naturelle. Une démarche scientifique qui renouvelle profondément la représentation du vivant.
Une réflexion toujours actuelle
Au-delà de son intérêt historique, Réalisme animal fait écho aux préoccupations contemporaines. Bien-être animal, biodiversité, protection des espèces ou encore place de l'homme dans la nature trouvent ici une résonance étonnamment moderne. L'exposition rappelle combien les artistes du XIXe siècle ont participé à faire évoluer les mentalités et combien leurs œuvres continuent d'interroger notre époque.
Une expérience qui se prolonge
La découverte se poursuit à l'Atelier Courbet, situé à un kilomètre du musée. Les visiteurs y retrouveront une installation ludique autour d'un mandrill « échappé » de l'exposition, ainsi qu'une présentation d'œuvres graphiques récemment acquises.
À quelques kilomètres, la Ferme Courbet de Flagey accueille également Versatiles Résurgences, une installation monumentale de l'artiste Paolo Boosten. Réalisée après une résidence de création, cette œuvre de vingt mètres à l'encre de Chine célèbre l'harmonie entre l'homme, les animaux et la nature, en dialogue avec l'univers de Courbet.
Un programme culturel pour tous
Tout au long de l'été et jusqu'à l'automne, le Pôle Courbet propose un riche programme d'animations : visites guidées, ateliers pour enfants et familles, expériences dansées, rencontres avec des historiens de l'art, concerts, ateliers créatifs et animations à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.
Pensée comme une exposition vivante et accessible, Réalisme animal s'adresse aussi bien aux amateurs d'art qu'aux familles et aux visiteurs curieux de découvrir comment le regard porté sur les animaux a façonné notre histoire... et continue d'éclairer les grands enjeux du XXIe siècle.
Toutes les infos sur musee-courbet.fr/evenements/agenda
Infos pratiques
- Réalisme animal
- Du 27 juin au 8 novembre 2026
- Musée départemental Gustave Courbet – Ornans
- Site internet : musee-courbet.fr
Plus de 120 œuvres • Prêts exceptionnels du musée d'Orsay et de grandes institutions françaises • Exposition, ateliers, visites et programmation culturelle tout au long de la saison.


