L'école obligatoire dès 3 ans à partir de 2019

Publié le 27/03/2018 - 08:26
Mis à jour le 02/04/2018 - 10:57

Emmanuel Macron a décidé d’abaisser l’âge de la scolarité obligatoire de six à trois ans, à partir de la rentrée 2019, une mesure symbolique qui vise surtout à reconnaître la place de l’école maternelle puisque quasiment tous les enfants la fréquentent déjà à cet âge.

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Le président de la République va faire cette annonce ce mardi matin en ouvrant des "Assises de l'école maternelle", qui réunissent jusqu'à mercredi à Paris un panel d'experts et de spécialistes de l'enfance.

Selon l'Elysée, "la décision d'abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans traduit la volonté du président de la République de faire de l'école le lieu de l'égalité réelle et une reconnaissance de l'école maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde universel ou comme la simple préparation à l'école élémentaire".

Une réforme de la maternelle

"L'enjeu est d'affirmer l'identité propre de l'école maternelle comme une véritable école tournée vers l'acquisition du langage et de l'épanouissement de l'enfant", souligne-t-on de même source.

La réforme de la maternelle en préparation succède à toute une série d'initiatives gouvernementales dans le domaine éducatif, après les classes de CP dédoublées dans les zones défavorisées, la modification de la procédure d'accès à l'université, la réforme du bac et de la formation professionnelle.

  • Depuis 1959, la scolarité est obligatoire en France pour tous les enfants de 6 à 16 ans (elle l'était avant jusqu'à 14 ans).

Mais la plupart des enfants entrent déjà à l'école dès trois ans. Sur l'année scolaire 2015/2016 (derniers chiffres connus), 97,6% des petits âgés de trois ans fréquentaient une école maternelle, selon la Depp, le département statistiques du ministère de l'Education.

De nombreuses disparités existent sur le territoire, puisque le taux est par exemple de 87% en Corse, de plus de 93% à Paris, mais de moins de 70% en Guyane et à Mayotte.

Dans certaines zones, le taux d'absentéisme est en outre important car l'école maternelle n'est pas considérée comme indispensable.

En rendant l'école obligatoire à trois ans, "on donne un signal extrêmement important; c'est aussi une reconnaissance des missions et des personnels de l'école maternelle", souligne-t-on dans l'entourage du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, qui pilote les assises.

Rentrée 2019

  • La mesure devrait être effective pour la rentrée 2019. Elle nécessitera la création d'environ 800 postes.

"Contrairement à une crainte des syndicats, on n'aura pas besoin de prendre des postes en maternelle pour dédoubler les classes en REP+" (réseaux d'éducation prioritaire renforcés), une des mesures phares du quinquennat qui doit s'étendre jusqu'en 2019, assure-t-on au cabinet du ministre.

Reste qu'avec un enseignant pour 22 enfants, la France présente un taux d'encadrement plus faible que les moyennes de l'Union européenne (1 pour 13), selon une récente note de France Stratégie (organisme rattaché à Matignon).

"Quelles formations pour les professeurs ?"

"Pour nous, la scolarisation à trois ans n'est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion", a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. "La vraie question est plutôt: comment on s'y prend ? Avec combien d'élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?"

Emmanuel Macron devrait aussi annoncer une réforme de la formation initiale et continue des professeurs en maternelle, ainsi que des Atsem, ces agents territoriaux qui assistent les instits dans les classes. "Les professeurs des écoles sont souvent très qualifiés mais peu spécialisés pour enseigner à l'école maternelle", relève-t-on au cabinet de M. Blanquer.

Leur niveau universitaire "n'est pas toujours adapté à la fonction sécurisante qu'ils doivent offrir aux enfants", a aussi souligné auprès de l'AFP le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, chargé de préparer les assises.

"Donner une place plus importante à l'épanouissement"

Pas question en revanche de toucher aux programmes de maternelle, revus en 2015, qui font la part belle au langage, à la socialisation et au jeu, et qui ont été plébiscités par la communauté éducative.

Le gouvernement entend "donner une place plus importante à l'épanouissement" des enfants à l'école. "Ce n'est pas les programmes mais leur mise en oeuvre qu'il faut changer", selon le cabinet du ministre de l'Education. Pour cela, les syndicats attendent davantage de moyens.

Après son allocution aux Assises de la maternelle, Emmanuel Macron se rendra dans une école du XIXe arrondissement qui a mis en place un enseignement innovant du langage.

(Source AFP)

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