"L'homme au marteau" présente ses "excuses" à l'ouverture de son procès

Publié le 03/05/2021 - 14:33
Mis à jour le 03/05/2021 - 14:26

« L’homme au marteau », âgé de 17 ans quand il avait revendiqué des attaques au nom de la « défense de la patrie française », fin 2017, a présenté des excuses à l’ouverture de son procès lundi 3 mai 2021 aux assises de Saône-et-Loire.

Tribunal de Châlon-sur-Saône. © www.cours-appel.justice.fr
Tribunal de Châlon-sur-Saône. © www.cours-appel.justice.fr

"Je souhaiterais d'abord présenter des excuses publiques", a déclaré l'étudiant lors de brefs débats, ouverts au public, préalables à son procès
qui se tient à huis clos. Le jeune homme, revêtu d'un jean et d'une chemise, a souhaité également "que (sa) défense soit rendue publique pour éviter que soient dites des contre-vérités dans les médias".

Mais la cour n'a pas accédé à sa demande de levée du huis clos, imposant au contraire un régime de "publicité restreinte" encore plus strict, en invoquant la minorité de l'accusé au moment des faits mais également sa "personnalité".

"Contrer l'islamisation" de la France

Début novembre 2017, l'adolescent avait fait parvenir à des quotidiens de la région un courriel revendiquant plusieurs attaques au marteau qui avaient légèrement blessé trois personnes à Dijon fin septembre de la même année.

Dans ce mail, un "commando de défense du peuple et de la patrie française" disait vouloir "contrer l'islamisation" de la France et affirmait que les victimes avaient été "choisies" en raison notamment du port du voile ou de leur couleur de peau, des éléments qui ne coïncident que partiellement avec les faits.

Le "groupe" assumait également une agression au marteau, le 15 septembre 2017 à Chalon-sur-Saône, commise au cri d'"Allah Akbar".

Mais le 29 janvier 2018, un adolescent de 17 ans avouait avoir été le seul commanditaire des attaques. "Je n'ai aucune conviction raciste", avait-il
déclaré, en expliquant avoir simplement voulu "attirer l'attention". Il était "+addict+ aux médias", a souligné lundi l'avocate générale, Aline Saenz-Cobo. L'essentiel de ses motivations était d'obtenir "une exposition médiatique", a abondé Jean-Luc Seriot, avocat de parties civiles, tandis que
l'accusé démentait de la tête dans son box.

Il encourt 30 ans de prison

Poursuivi pour tentative d'homicide, vol à main armée, dégradation par incendie, violence avec arme, menaces de mort et provocation à la haine et à
la discrimination, il encourt une peine maximale de 30 ans de réclusion, qui peut-être rabaissée si l'excuse de minorité est retenue ou si les experts concluent à l'altération du discernement de l'accusé, à la personnalité complexe.

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 21 mai.

(AFP)

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