Les deux prévenus, inconnus de la justice, font partie des 34 jeunes interpellés depuis mardi à Belfort. Jugés séparément en comparution immédiate, ils ont été condamnés par le tribunal correctionnel à un an de prison avec sursis probatoire pendant deux ans pour l'un et 140 heures de travail d'intérêt général, avec six mois d'emprisonnement en cas de non-exécution, pour l'autre.
Polo blanc, visage encore juvénile marqué d'un bleu hérité de son interpellation, l'un a dû arrêter ses études de commerce faute d'avoir trouvé un lieu d'alternance, mais voudrait les poursuivre car "travailler au McDo ce n'est pas mon rêve ultime".
Domicilié près de Montbéliard (Doubs), il dit être venu à Belfort pour soutenir les revendications des lycéens. Il reconnaît avoir jeté des projectiles en direction des forces de l’ordre et les avoir insultées, mais conteste s'être rebellé. "La manifestation a dégénéré, je me suis laissé emporter", assure le jeune homme qui s'était inscrit sur les doigts les lettres ACAB, pour "tous les policiers sont des bâtards".
C'est un mot "revendicatif des Black Blocs", décrypte le procureur Paul-Edouard Lallois, fustigeant "des faits extrêmement graves" commis "en marge d'un mouvement lycéen où des jeunes manifestent totalement pacifiquement".
"Ce n'est (...) pas un anarchiste violent", mais un étudiant mal orienté, qui "est allé à cette manif pour crier qu'il est inquiet pour son avenir" et qui a "mal réagi", l'a défendu son avocat, Enguerrand Bagot.
Une cagoule tombée du ciel
L'autre prévenu, étudiant en BTS "maintenance", a également reconnu avoir lancé des cailloux en direction des forces de l'ordre et incendié une poubelle, le visage dissimulé par une cagoule qu'on lui a, selon lui, "lancée d'une fenêtre".
"Des gens distribuaient des cailloux en disant +jetez, jetez+ (...) Je me suis fait influencer, j'ai pas réfléchi, j'ai été bête", a-t-il regretté. Son avocate Justine Lurati a évoqué "un chouette gamin" qui s'est "mal comporté", mais a pris conscience de la gravité des faits lors des "nuits en garde à vue".
"C'est un peu facile de dire qu'on s'est fait entraîner", a tancé le procureur Alexandre Vial, soulignant le "profil assez surprenant" de nombreux jeunes interpellés au casier judiciaire vierge. "Tout le monde a été emporté bien malgré lui. À croire qu'on a eu des légions de jeunes qui se sont retrouvés malgré eux avec des cagoules à caillasser la police", a-t-il raillé.
(AFP)


