Le choix du lieu de cette conférence de presse n’est pas anodin. Dans son projet "Besançon Confluence", Ludovic Fagaut propose de "valoriser [le Fort Griffon] autour d’une orientation touristique en mobilisant les dispositifs nationaux et internationaux, en travaillant en lien avec le Département". Une annonce qui suscite des interrogations chez l’opposition. "Est-ce que les Bisontins vont devoir payer l’inconséquence du département ?", questionne Raphaël Krucien, rappelant que le Département, propriétaire du site, est tenu de le préserver au titre du plan de gestion Unesco.
Les élus dénoncent un manque d’investissement dans l’entretien du Fort Griffon. Entre 2018 et 2023, "seulement 141.000 euros" auraient été consacrés à son entretien, alors que le coût de réfection des remparts est désormais estimé à 9,7 millions d’euros. Ils pointent un surcoût de 3,5 millions d’euros "dû à l’inaction du département" et s’interrogent sur les conséquences pour les habitants.
Une politique d’insertion jugée en recul
Les élus dénoncent un "bilan décevant" en matière d’insertion. Ils expliquent que l’accompagnement des bénéficiaires du RSA a été fortement réduit : de 1.189 personnes suivies en 2025 à un objectif de 800 en 2026.
Aly Yugo estime que "Ludovic Fagaut abandonne 300 personnes sans solution ni aide", évoquant également une baisse des budgets de France Travail.
Les élus dénoncent également une communication jugée excessive autour des politiques d’insertion : "opération coup de poing", "task force" ou encore "Planoise en route vers l’emploi". Ils affirment que, selon les données de la DRESS, "46 départements sur 50 font mieux en matière d’accompagnement vers l’emploi". Le Doubs compterait plus de 13.000 bénéficiaires du RSA fin 2025.
"Ludovic Fagaut excelle en communication, mais il passe plus de temps à jouer l’influenceur sur les réseaux sociaux qu’à agir concrètement", estime Jeanne Henry.
Des coupes dans la prévention
L’opposition pointe aussi une diminution de 450.000 euros des subventions à la prévention spécialisée en 2025. Cette décision aurait entraîné une baisse du nombre d’éducateurs de rue à Besançon, passé de 17 postes à 10,6 équivalents temps plein. Pour Aly Yugo, les positions du candidat sur la sécurité sont incohérentes : "La sécurité repose sur un équilibre entre prévention, police et justice. Le tout répressif ne peut être la seule solution. Comment prétendre être "maire de la sécurité" quand on supprime des postes d’éducateurs dans les quartiers prioritaires ?"
Des positions critiquées sur les questions sociales
Jeanne Henry met en cause l’engagement du vice-président sur les droits des femmes et la lutte contre les discriminations. Elle souligne notamment le refus persistant d’autoriser l’IVG médicamenteuse dans les Centres de Santé Sexuelle du Département.
Elle critique également la baisse des subventions à certaines associations, concluant : "Ludovic Fagaut est tout sauf progressiste, c’est plutôt un retour vers le passé".
Des projets culturels controversés
Georges Ubbiali revient sur la période où Ludovic Fagaut était en charge de la culture (2015-2021), évoquant plusieurs "échecs majeurs", dont la suppression du festival littéraire Les Mots Doubs (repris par le Grand Besançon sous le nom de Livres dans la boucle), la construction d’une salle événementielle à la Saline Royale et le projet Musicampus.
À propos de ce dernier, il s’interroge : "Est-ce ce modèle de partenariat public-privé que Ludovic Fagaut veut appliquer à des projets comme l’Arena ?" Il ajoute : "Le premier vice-président est un illusionniste en matière de budget, mais loin d’être un magicien".
Des engagements jugés insuffisants
L’opposition critique également plusieurs politiques départementales :
- Un plan cyclable 2020-2026 dont "à peine la moitié des crédits aura été engagée" ;
- Un programme de rénovation des collèges avec "moins de 19 % de réalisation" ;
- Un projet de fonds associatif basé sur le volontariat d’entreprises.
"Un taux de réalisation de 54,6 %, c’est ridicule !", affirme Raphaël Krucien à propos du plan cyclable.
Une inquiétude pour la boutique Jeanne Antide
Enfin, Raphaël Krucien évoque la situation de la boutique Jeanne Antide, structure historique fondée en 1802 dans la rue Champrond à Besançon et destinée aux publics fragiles. "Ludovic Fagaut veut briser cet héritage sans proposer d’alternative claire. Il déforme les propos de l’association et ment sur ce sujet", affirme-t-il.


