Le drame s'est déroulé le 16 octobre dernier, en milieu d'après-midi, à Lebetain, un village limitrophe de la Suisse d'environ 400 habitants. Alors qu'il était sorti fumer sur la terrasse de son domicile, un homme de 56 ans, qui vivait avec son épouse, a été atteint par des tirs d'arme à feu. Sa femme, présente dans le salon, a entendu au moins deux déflagrations( que leur unique voisin, également présent à son domicile au moment des faits, a également perçues), avant de découvrir son mari au sol, grièvement blessé à la main et à l'abdomen. Alertés vers 16h35, les secours sont intervenus rapidement : la victime, encore consciente, a demandé à être intubée, sans donner la moindre indication sur ce qui venait de se passer. Elle a rapidement perdu connaissance. Son décès a été constaté à 17h10 par le médecin du SMUR.
Une enquête de flagrance pour meurtre a immédiatement été ouverte, confiée à la brigade de recherches de Belfort et à la section de recherches de la gendarmerie de Besançon. Très vite, la thèse du suicide a été écartée "au regard de la nature des lésions, de leur emplacement et de l'absence d'arme" sur les lieux, a indiqué le procureur. Aucune arme ni projectile n'a été retrouvé sur la scène : les seuls éléments balistiques se trouvaient dans le corps de la victime. L'autopsie médico-légale, pratiquée à Besançon, a confirmé que le décès était bien consécutif à au moins un tir d'arme à feu, ayant causé de nombreuses plaies au thorax et à l’abdomen.
Une information judiciaire ouverte contre X
Chasseur, le défunt possédait plusieurs armes de chasse. Toutes ont été saisies et analysées mais aucune ne présente, à ce stade, de lien balistique avec les faits, a précisé M. Lallois. La morphoanalyse des traces de sang et les fouilles menées dans l'environnement immédiat (maison, dépendances, terrain, domicile voisin) n'ont pas davantage permis d'éclairer les circonstances de l’agression.
"C'est un acte criminel de manière évidente, aux contours particulièrement mystérieux", a résumé le procureur, soulignant que les faits ne sont "pas le fruit d'une altercation fortuite" mais d'un "acte prémédité". C'est ce caractère qui a conduit au chef d'assassinat, avec l'ouverture d'une information judiciaire contre X. "Toutes les hypothèses sont ouvertes. Aucune n'est privilégiée", a-t-il ajouté, précisant qu'aucun mobile n'a pour l'heure été retenu. Quant à un éventuel tir à distance, l'hypothèse paraît "assez peu probable" aux enquêteurs, qui estiment que la victime a bien été tuée sur place. Interrogé sur l'existence d'éventuelles gardes à vue, le procureur a été catégorique : il n’y en a eu "strictement aucune".
La famille, sous le choc, demeure abasourdie par un acte qu'elle ne comprend pas.
Appel à témoins
L'enquête n'a "pas permis d'identifier un quelconque motif qui aurait pu conduire qui que ce soit à (...) en vouloir" au quinquagénaire, qui était encore conscient à l'arrivée des secours et présentait de graves blessures à une main, au thorax et à l'abdomen, a précisé le magistrat.
Pour tenter de faire toute la lumière sur cette affaire, le parquet a lancé un appel à témoins sur le secteur de Lebetain et de Delle, invitant toute personne susceptible de détenir "tout élément qui serait de nature à faire progresser les investigations" à contacter le centre opérationnel de la gendarmerie de Belfort au 03 84 58 72 19.


