"Notre droit de retrait, c'est parce qu'on se sent en danger et on sent que nos élèves le sont", a dit à l'AFP Benoît Guyon, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Courbet. Selon cet enseignant, également représentant syndical SNES-FSU, "au moins un tiers" des professeurs ont cessé le travail, à cause d'un "sentiment grandissant de ne plus être en sécurité au lycée".
L'incident, survenu vers 10h15, "a mis directement en danger la sécurité des élèves et des professeurs" et l'établissement "a été évacué dans le calme", a indiqué la préfecture du Territoire-de-Belfort dans un communiqué.
La police s'est rendue sur place, puis "les cours ont repris" et un "accompagnement psychologique" a été mis en place pour "rassurer les jeunes", a-t-on ajouté de même source. Le rectorat, de son côté, a "condamné fermement" ces faits.
Une enquête ouverte par le parquet
Selon le procureur de Belfort, Paul-Edouard Lallois, qui a ouvert une enquête pour "violences dans un établissement scolaire", le tir provenait de l'intérieur du lycée, depuis une coursive du 2e étage. L'hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle d'un tir émanant d'un élève, mais celui-ci n’a pas été identifié. Le mortier, qui visait le hall d'entrée, a explosé dans le dos des élèves présents mais "n'a touché personne", a précisé à l'AFP le magistrat.
En revanche pour Benoît Guyon, "des élèves ont été blessés par des éclats de feu d'artifices". "On s'est rendu compte qu'on était passé à deux doigts d'un drame, avec de possibles mutilations importantes", a-t-il dit.
Le lycée Courbet, qui compte environ un millier d'élèves, a déjà connu des incidents depuis le début du mouvement de colère des élèves: vendredi, un policier a été passé à tabac par des adolescents, non loin de l’établissement, après avoir tenté d'interpeller un élève de 17 ans qu'il avait identifié comme l'auteur de jets de projectiles et de feux de poubelles.
Cinq suspects mineurs ont été interpellés pour ces violences, dont l’un, mis en examen et incarcéré, a lui-même porté plainte contre le policier.


