Les organisations signataires du communiqué sont Sud Solidaires Éducation, la FSU 25, la CGT FERC, la CGT Éduc'action, l'Union syndicale lycéenne, Solidaires étudiant-e-s Besançon et Force ouvrière SNFOLC.
Dans un communiqué commun du 8 novembre à Besançon, sept organisations syndicales et étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation. Les signataires estiment que la journée de grève et de manifestations du 5 novembre a constitué ”une incontestable réussite dans l’Éducation nationale et dans l’Enseignement supérieur et la recherche”.
Ils évoquent une ”grève majoritaire” et des ”cortèges denses, pacifiques et déterminés”, après cinq semaines de mobilisation des personnels et de la jeunesse.
Selon l'intersyndicale, cette mobilisation a contraint le gouvernement à faire de premières annonces concernant les postes, les moyens, les bâtiments scolaires et l'accès à l'enseignement supérieur. Des réponses que les organisations jugent toutefois insuffisantes, notamment pour les universités, pour lesquelles elles déplorent l'absence de propositions concrètes.
”Des brèches sont ouvertes, il faut désormais les élargir !”, écrivent-elles, estimant que le rapport de force leur est désormais favorable.
Les salaires et les carrières au cœur des revendications
Au-delà des moyens accordés aux établissements, les syndicats mettent en avant les attentes des personnels concernant leurs rémunérations et leurs perspectives de carrière. Ils réagissent notamment à l'annonce du Premier ministre d'une conférence sociale sur les salaires, prévue lundi 9 novembre. Les organisations syndicales s'inquiètent de la possible exclusion de la Fonction publique de ces discussions.
”Si cela est confirmé, c’est une nouvelle provocation”, préviennent-elles. Elles dénoncent le risque de voir les agents publics, notamment ceux de l'Éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche, écartés des négociations sur les salaires et le pouvoir d'achat.
Parmi leurs principales revendications figurent le dégel du point d'indice, des mesures catégorielles sans contreparties, ainsi qu'un plan de titularisation des personnels non titulaires. Les syndicats demandent également la création d'un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et une grille nationale de rémunération pour les assistants d'éducation (AED).
Des critiques sur les conditions de mobilisation
Le communiqué dénonce également les réponses apportées aux mouvements de contestation, que les organisations qualifient de répressives. Elles pointent notamment les interventions policières lors des mobilisations lycéennes, mais aussi les ruptures des franchises universitaires et les fermetures administratives de campus. Selon les signataires, ces mesures "pénalisent les personnels et les étudiants mobilisés" et "entravent la tenue des rassemblements et des assemblées générales".
À l'échelle locale, les syndicats mettent directement en cause les décisions de la préfecture. Ils dénoncent une ”répression disproportionnée engagée par la Préfecture envers les manifestant-es” ainsi que des restrictions au droit de manifester, citant notamment les interdictions d'accès au centre-ville et les remises en cause des parcours de manifestation.
150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur réclamées
Les revendications portent également sur les capacités d'accueil des universités et les conditions d'accès aux formations. Les organisations demandent un budget permettant de financer les 150 000 places qu'elles estiment manquantes pour accueillir les bacheliers dans la filière de leur choix.
Elles réclament par ailleurs la levée des restrictions à l'accès aux études liées aux plateformes Parcoursup et Mon Master, ainsi que la création de 15 000 postes de titulaires pour assurer les missions d'enseignement et de recherche dans de meilleures conditions.
Leurs demandes concernent aussi les créations d'emplois dans les établissements scolaires, notamment pour les enseignants, les conseillers principaux d'éducation (CPE), les psychologues de l'Éducation nationale (PsyEN), les AED et les AESH, ainsi que les personnels sociaux et infirmiers.
Sur le volet universitaire et scientifique, les syndicats demandent un financement pérenne de la recherche publique, le maintien des établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) avec l'ensemble de leurs prérogatives et l'abandon du démantèlement de l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Ils réclament également l'abandon des frais d'inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires.
Enfin, les organisations demandent l'annulation des suppressions d'emplois prévues dans le budget 2027 et un budget correspondant aux besoins en emplois titulaires dans l'enseignement supérieur et la recherche.
Un rendez-vous mardi à 14 heures à Battant
Pour faire entendre ces revendications, l'intersyndicale appelle les personnels et les jeunes à se mettre en grève et à participer aux manifestations et rassemblements du mardi 10 novembre. À Besançon, le rendez-vous est fixé à 14 heures sur le parking Battant. Le cortège doit ensuite passer devant le rectorat afin de porter les revendications auprès de l'institution.
Les organisations préviennent également avoir déposé des préavis de grève pour les prochaines semaines, laissant ainsi ouverte la possibilité de nouvelles actions.
”Toutes et tous en grève, dans les manifestations et les rassemblements le mardi 10 novembre”, concluent-elles, estimant que la poursuite de la mobilisation constitue le moyen d'obtenir des avancées.


