Dans une "requête de récusation" que l'AFP a pu consulter, l'avocat Garen Ucari a réclamé le désistement des magistrates du fait de "l'existence d'un nombre inédit de graves manquements et de graves erreurs (...) dans la conduite de la procédure". Ces manquements sont selon lui "incompatibles avec les exigences d'une procédure équitable (...) a fortiori dans un dossier d'une telle ampleur et d'une telle sensibilité". L'avocat, qui représente le père d'une jeune victime décédée, accuse le trio de procureures chargées de l'enquête de laxisme, et demande leur récusation, ainsi que celles de la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, et de son adjointe, Catherine Seppey.
En écho aux critiques de plusieurs avocats et proches de victimes depuis le début de l'affaire, Me Ucari a notamment pointé l'absence de mesures "visant à pallier un risque de collusion", notamment la privation de liberté du couple de Français propriétaire du bar, dès le début des investigations. Il a également regretté que les magistrates aient tardé à effectuer des "perquisitions de locaux et des séquestres de documents", d'enregistrements et de téléphones portables. Selon lui, ces "erreurs ont conduit notamment à la disparition ou à la pollution potentielle de moyens de preuve, en particulier ceux à charge, à la favorisation objective des prévenus et à la violation des droits des parties plaignantes".
Multiplication des improbations
Cette requête a été adressée au ministère public valaisan, qui devra se déterminer avant de transmettre au tribunal cantonal, qui sera chargé de statuer, a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.
"Cette demande de récusation ne pouvait pas ne pas advenir. La multiplication des interrogations et des improbations en est la source. Pour les victimes, nous ne pouvons qu'espérer des décisions rapides des instances judiciaires", a réagi Me Sébastien Fanti, qui représente quatre familles de blessés.
Cette requête survient au moment où les magistrates conduisent une série d'auditions dans cette affaire. Vendredi, l'actuel responsable sécurité et incendie de Crans-Montana était interrogé sur l'absence de contrôles incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019, alors que ces contrôles doivent être effectués tous les ans. La semaine prochaine, ce sera au tour de Jacques et Jessica Moretti, le couple de propriétaires objet d'une enquête pénale pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence".
(AFP)


