Islem Merabet, la discipline et le mental d’acier pour décrocher une ceinture à Besançon

Publié le 27/10/2026 - 08:00
Mis à jour le 26/10/2026 - 16:11

En préparation d’un rendez-vous important, le 30 octobre 2026 au Kursaal de Besançon, le boxeur professionnel bisontin d'adoption Islem Merabet peaufine sa préparation à Manchester, en Angleterre, auprès du coach Steve Maylette. Entre deux entraînements quotidiens, deux emplois dans la sécurité et un parcours marqué par de nombreux déplacements à l’étranger, l'athlète poursuit un objectif : franchir un nouveau cap dans sa carrière.

À quelques jours d’une échéance importante, Islem Merabet est à Manchester. Le boxeur professionnel y effectue un stage intensif de sparring (combat d'entraînement encadré), une dizaine de jours durant, pour préparer son prochain combat. Le 30 octobre 2026, au Kursaal de Besançon, il doit affronter Don Yves-Mikaël Taha, présenté dans l’entretien comme un adversaire classé parmi les meilleurs boxeurs français de sa catégorie, pour une ceinture IBF Méditerranée, ceinture régionale officielle décernée par l'International Boxing Federation (IBF), l'une des quatre grandes organisations mondiales de boxe anglaise professionnelle, lors de la soirée de gala organisée par le Local Boxe Club.

Pour le sportif, ce rendez-vous représente une occasion de franchir une nouvelle étape. ”C'est la porte pour l'Europe et juste après, le monde”, nous explique-t-il, avant de préciser sa méthode : avancer progressivement, sans brûler les étapes.

Seul sur le ring, responsable de son parcours

D’origine algérienne, Islem Merabet a découvert la boxe vers l’âge de 10 ans. Depuis, il n’a pas abandonné cette discipline qui correspond à sa conception de l’effort individuel : ”C'est un sport individuel, on compte sur soi-même”, résume-t-il.

Cette autonomie constitue, à ses yeux, l’un des fondements de son engagement et il évoque un parcours jalonné de périodes favorables et de moments plus difficiles, sans que ces derniers aient remis en cause sa détermination. ”J'avais des hauts, j'avais des bas, mais je restais toujours discipliné, discipliné, discipliné et focus sur l'objectif”, nous raconte-t-il.

Cette régularité se traduit concrètement par un volume d’entraînement d’environ 16 heures par semaine, réparties entre les séances du matin et du soir. Une charge de travail qu’il doit concilier avec ses obligations professionnelles puisqu'à Besançon, il occupe deux emplois dans la sécurité : en semaine, puis le week-end dans le secteur de la nuit.

L’équilibre n’est pas toujours simple, mais lorsqu’il prépare un combat, il réduit son activité salariée pour consacrer davantage de temps à la boxe. Une contrainte financière qu’il assume au nom de ses ambitions sportives : ”Jusqu'à maintenant, il n'y a rien dans ma tête qui est venu et qui m'a dit : ”arrête la boxe””, affirme-t-il.

Manchester, une étape supplémentaire dans la préparation

Pour préparer son prochain rendez-vous, le Bisontin d’adoption a choisi de se confronter à des boxeurs en pleine préparation. À Manchester, il participe à un stage, un ”camp-chaining”, consacré notamment aux sparrings, ces oppositions d’entraînement qui permettent de se mesurer à différents profils et d’évaluer son niveau.

Le programme est soutenu : deux séances par jour, à 9 h 00 et à 15 h 30, du lundi au samedi, avec une journée de repos le dimanche. Le boxeur s’entraîne actuellement auprès du coach Steve Maylette dans ce cadre de préparation intensive. Ce déplacement s’inscrit dans une démarche plus large. Au fil de son parcours, Islem Merabet a voyagé dans plusieurs pays, notamment au Mexique, pour découvrir d’autres méthodes de travail et enrichir son style. Il décrit la boxe mexicaine comme une école de l’engagement physique et de la persévérance. ”En fait, le style mexicain, c'est ”hard work”. C'est un travail acharné”, nous explique-t-il.

À ses yeux, ces expériences lui permettent d’élargir sa palette technique et de renforcer sa capacité à tenir l’effort. À Manchester, il recherche précisément cette confrontation avec des partenaires exigeants, eux aussi engagés dans leur préparation. L’objectif est de se présenter le 30 octobre dans les meilleures dispositions possibles face à un adversaire de premier plan.

Islem Merabet et son entraîneur anglais Steve Maylette à Manchester. © DR

La boxe comme école de la modestie

Si le ring est pour lui un espace d’intensité et de confrontation, Islem Merabet insiste sur la distinction qu’il établit entre le sportif et l’homme. La discipline lui a aussi appris à garder les pieds sur terre, loin de l’image parfois associée aux sports de combat.

”Hors de ring, ça me rend modeste, c'est grâce à ça que j'ai toujours gardé les pieds sur terre”, confie-t-il. Il poursuit : ”Je fais le maximum pour être fort sur le ring, mais hors du ring, je suis une personne comme toutes les autres, je suis un bon citoyen français.” Cette volonté de rester humble s’accompagne d’une vision lucide de son sport. La boxe implique des coups et des risques physiques qu’il dit avoir acceptés dès ses débuts, tout en exprimant l’espoir de ne pas en subir de séquelles à long terme.

Le mental, selon lui, joue un rôle central dans cette capacité à poursuivre malgré les difficultés. Au-delà de la préparation physique, il s’agit de maintenir le cap lorsque les résultats tardent ou que les conditions matérielles deviennent plus compliquées.

Une ceinture à conquérir devant le public bisontin

Le 30 octobre aura également une dimension particulière pour Islem Merabet : celle de boxer dans une ville où il a construit une partie de sa vie. Arrivé à Paris avant de s’installer à Besançon, il espère pouvoir compter sur le soutien du public local à l’occasion de cette soirée portée par le Local Boxe Club.

Il tient à remercier Philippe Haag et Morrad Hakar, qu’il présente comme des personnes déterminantes dans l’organisation de cette opportunité. ”Il faut être reconnaissant, je resterai toujours reconnaissant, jusqu'à ce que j'aie rencontré Philippe et Morrad, qui m'ont donné l'opportunité de faire cette ceinture dans ma ville”, souligne-t-il.

La perspective de combattre à domicile représente à la fois une motivation et une pression supplémentaire. ”Un peu des deux”, répond-il lorsqu’il est interrogé sur ce que signifie la présence de ses soutiens et du public bisontin. Il ne cache pas sa volonté de répondre à leurs attentes, tout en cherchant à conserver sa concentration.

Face à Yves-Mikaël Taha, qu’il n’a encore jamais affronté, le boxeur entend rester concentré sur l’essentiel. Son adversaire a été champion de France et figure parmi les premiers du classement français. Pas question, pour autant, de multiplier les déclarations avant le combat. ”Je veux gagner le combat, tout simplement, moi, je ne dis rien : j'arrive, je gagne le combat”, résume-t-il.

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”L’objectif est plus grand”

Islem Merabet nourrit des ambitions élevées, mais refuse de se projeter trop loin sans avoir franchi les premières étapes. La ceinture IBF Méditerranée constitue le prochain objectif concret de son parcours, avant d’envisager d’autres échéances européennes. ”L'objectif est plus grand, 'mais c'est étape par étape”, insiste-t-il. Une approche qu’il souhaite également transmettre aux jeunes Bisontins qui envisagent de se lancer dans la boxe ou dans une autre discipline sportive.

Son conseil aux jeunes boxeurs commence par les études : ”Tout d'abord, travaille bien à l'école. Deuxièmement, fais du sport, parce que le sport va t'aider à bien travailler à l'école.” Il les encourage ensuite à persévérer, à suivre leur propre chemin et à ne pas se laisser détourner de leurs objectifs par les avis extérieurs.

À Manchester, la préparation se poursuit. Au Kursaal, le 30 octobre, le travail accompli loin de Besançon devra se traduire sur le ring. Pour Islem Merabet, le principe reste le même depuis ses premiers pas dans la boxe : s’entraîner, rester discipliné et avancer sans relâcher ses efforts. La suite de sa carrière dépendra notamment de ce prochain rendez-vous, qu’il entend aborder sans promesse tapageuse, mais avec une ambition clairement affichée.

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