Les associations de Bourgogne-Franche-Comté tirent la sonnette d’alarme : "Pas un euro, pas un centime de moins pour le monde associatif !"

Publié le 09/10/2025 - 12:00
Mis à jour le 09/10/2025 - 12:52

Le Mouvement associatif de Bourgogne-Franche-Comté (LMA BFC) a tenu, mercredi 8 octobre 2025, une conférence de presse en visioconférence pour alerter sur la situation financière critique que traversent de nombreuses associations de la région et de la France entière. Animée par Estelle Jeannin, coordinatrice régionale, et Daniel Jacquier, secrétaire du Mouvement, cette rencontre a rassemblé plusieurs représentant·e·s associatifs venus témoigner de leurs difficultés et de leur engagement.

 © Mouvement Ça ne tient plus !
© Mouvement Ça ne tient plus !

Cette initiative s’inscrit dans une mobilisation nationale, y compris à Besançon (11/10) et Dijon (10/10) portée par le Mouvement associatif pour interpeller les pouvoirs publics sur la dégradation du financement du secteur.

La Bourgogne-Franche-Comté compte 62.500 associations, mobilisant 570.000 bénévoles et 76.080 salarié·e·s, dont 6.500 structures employeuses. Le secteur représente 10 % de l’emploi privé régional, selon les chiffres communiqués par LMA BFC.

"Les associations font face à une succession de crises", a rappelé Daniel Jacquier. "Inflation, hausse des charges, baisse des subventions… Même si la Bourgogne-Franche-Comté soutient encore le monde associatif, ce n’est pas le cas partout."

Le responsable a également insisté sur l’importance de ces structures : "Les associations sont essentielles dans notre société. Elles emploient 1,9 million de salarié·e·s en France, ce qui en fait le premier employeur du pays."

Des financements en chute libre

Depuis 20 ans, la part des subventions publiques dans le budget des associations est passée de 35 % à 20 % en moyenne. La conséquence est directe : une association sur deux rencontre aujourd’hui des problèmes de trésorerie. Ces difficultés entraînent des effets concrets : réduction des activités pour 38 % d’entre elles et hausse des tarifs pour 13 %.

Daniel Jacquier a également évoqué "le non-remplacement des départs, des plans de licenciement et la précarisation des salariés", avec une multiplication des contrats courts.

Les signaux d’alerte s’accumulent : 1.052 procédures collectives, dont 462 liquidations d’associations en France entre janvier et septembre 2025, un record. Parallèlement, le dispositif Prev’asso, d’accompagnement des structures en difficulté, connaît une forte hausse des sollicitations. "On a besoin de renforcer cette partie accompagnement des associations", a souligné M. Jacquier.

"Pas un euro, pas un centime de moins pour le monde associatif"

Les représentants associatifs appellent à un engagement politique fort. Leur mot d’ordre : "Pas un euro, pas un centime de moins pour le monde associatif."

Ils demandent notamment :

  • Une meilleure prise en compte des besoins exprimés par les associations ;
  • Une incitation des candidat·e·s aux municipales à soutenir le tissu associatif local ;
  • La création d’un ministère dédié à la vie associative.

"Les associations participent au bon fonctionnement de notre démocratie. Elles contribuent au dynamisme des territoires et à la vie économique par des emplois locaux, non délocalisables", a résumé Daniel Jacquier.

Témoignage : Emmanuel Bodoignet, vice-président de Aides, dénonce "un sentiment de trahison"

Président de Aides Région Pores d’Europe (Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Hauts-de-France) et vice-président national de Aides, Emmanuel Bodoignet a livré ce mercredi un témoignage marquant sur la situation de l’organisation qui représente, confrontée à une chute brutale de ses financements.

"Les crises, ce n’est pas ce qui nous fait peur", a-t-il rappelé. "Notre association est née de la crise et de la pandémie du VIH-Sida en 1984. Nous avons toujours été réactifs, c’est d’ailleurs pour cela que nous avons reçu l’agrément d’utilité publique en 1990."

Aides compte 50 implantations en France et Outre-Mer, 500 salarié·e·s et 2.000 bénévoles, pour un budget passé de 50 à 48 millions d’euros récemment. En Bourgogne-Franche-Comté, l’association dispose de 9 salarié·e·s et 200 bénévoles, mais plusieurs antennes sont déjà fermées ou menacées : Nevers a fermé, Haute-Saône et Belfort sont à l’arrêt, le Jura pourrait suivre. Seules Dijon et Besançon résistent encore.

Un enchaînement de coupes budgétaires

M. Bodoignet a décrit une succession de décisions ministérielles ayant fragilisé l’association :

  • -600 000 € sur l’enveloppe 2025 de la Direction générale de la santé ;
  • -600 000 € sur les centres de santé sexuels de Marseille et Montpellier ;
  • 700 000 € de financement du dépistage du VIH remis en question ;
  • +1,2 million d’euros de masse salariale à assumer après le Ségur de la santé, non compensé par l’État.

"Nous avons réduit nos charges de 2 millions d’euros en 18 mois, validé par la Cour des comptes, mais l’État nous demande aujourd’hui de faire plus avec beaucoup moins d’argent", a-t-il dénoncé.

Face à ces contraintes, Aides a voté un plan social fin septembre dernier : entre 10 et 100 licenciements sont envisagés. "Je ne m’attendais pas, en tant que vice-président, à devoir annoncer un plan de licenciement. Pour nous, c’est vraiment un sentiment de trahison."

"Un cri d’alerte" pour la santé publique

Le président régional a exprimé sa vive inquiétude : "On accompagne des personnes vulnérables, séropositives, migrantes, consommatrices de drogue… On sort d’une pandémie mondiale et on sait que d’autres viendront. Et maintenant, on fragilise les associations de santé !"

Pour lui, l’État se désengage des missions qu’il avait lui-même confiées aux associations : "Nous contribuons largement aux politiques publiques, mais nous sommes abandonnés par les mêmes pouvoirs publics qui nous ont délégué ces missions."

Des mobilisations prévues dans toute la région

Le Mouvement associatif appelle à des rassemblements régionaux pour défendre le monde associatif :

  • Besançon, le 11 octobre à 10 h, esplanade des Droits de l’Homme ;
  • Dijon, le 10 octobre à 14 h, place de la République ;
  • Nevers, le 11 octobre à 11 h, place de la Résistance ;
  • Auxerre, le 11 octobre à 14 h, place Charles-Surugue.
Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Culture

Besançon d’Antan. Archives, cartes postales d’époque, anecdotes : un livre pour plonger en 1900…

À travers les 114 pages de l’ouvrage, le lecteur pourra scruter la ville de Besançon à travers des cartes postales d’époque, des archives municipales et départementales ainsi que des pièces de collections privées. Besançon d’Antan est disponible en librairie depuis le mois de septembre 2025…

Les 2 Scènes : les temps forts de la programmation de début 2026

Avec la parution de son livret janvier-mars 2026, Les 2 Scènes dévoilent une programmation qui mêle théâtre, musique, cirque et rencontres publiques. Performances scéniques, créations contemporaines et temps d’échange avec les équipes artistiques rythment ce début d’année, affirmant la volonté des 2 Scènes de proposer une offre culturelle plurielle et accessible au plus grand nombre.

Festival Drôlement Bien : les ”Magic Party” investiront la place Granvelle à Besançon…

À l’occasion de l’édition 2026 du festival Drôlement Bien, la place Granvelle deviendra le centre des soirées festives avec l’installation du Magic Mirror. Le festival annonce une série de rendez-vous nocturnes intitulés ”Magic Party”, organisés chaque soir à partir de 21h après les spectacles.

Ciné, ski de fond, fondue… Les rendez-vous incontournables en janvier 2026 à Pontarlier

Janvier 2026 s’annonce riche en animations culturelles, conviviales et familiales à Pontarlier et alentours, avec des événements pour tous les publics : sorties cinéma, activités jeunes, moments gourmands et soirées sportives ou festives. Voici une sélection des rendez-vous de la communauté de communes du Grand Pontarlier.

Évènements à suivre en 2026 : quelques dates à retenir à Besançon…

C’est reparti pour une année… 2026 sera chargée en actualité notamment en raison des élections municipales qui se dérouleront au mois de mars. D’autres évènements, notamment dans les domaines de la culture et du sport, vont rythmer l’année à Besançon. On fait le point.

Les visites guidées hivernales à découvrir dans le Grand Besançon

Pour son programme hivernal, l’Office de Tourisme et des Congrès du Grand Besançon fait le plein de surprises et de nouveautés. De décembre à avril 2026, les guide-conférenciers vous invitent à la découverte des trésors cachés bisontins, entre patrimoine millénaire et expériences insolites. On fait le point sur les nouveautés à ne pas manquer. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.44
nuageux
le 15/01 à 18h00
Vent
1.12 m/s
Pression
1012 hPa
Humidité
86 %