Cette décision autorise, "à titre exceptionnel et temporaire, les distributeurs à détenir en vue de la vente et à commercialiser, un gazole non conforme aux spécifications", selon une décision de la ministre déléguée à l'Énergie, prise mercredi et publiée jeudi au Journal officiel. Cette dérogation est valable jusqu'au 31 mars.
Le gouvernement fait état dans sa décision des "difficultés exceptionnelles d'approvisionnement rencontrées dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d'Ormuz", et des "difficultés à s'approvisionner en gazole aux spécifications de saison".
Ainsi, "les distributeurs sont autorisés, à titre exceptionnel, à détenir en vue de la vente et à commercialiser, (...) du gazole dont la température limite de filtrabilité (TLF) est de 0°C maximum au lieu de -15°C maximum", c'est-à-dire moins résistant au froid. Il est toutefois précisé que les distributeurs "devront informer leurs clients des risques liés à l'utilisation de ce produit dans les zones et durant les périodes où la température peut être inférieure à 0°C (zones montagneuses, conditions climatiques hivernales)" et que ces derniers assumeront "l'entière responsabilité de tout problème pouvant survenir lors de l'utilisation de ce gazole". "Cela permet d'augmenter notamment de 20% la production de gazole sans attendre le 1er avril sur le site de Rhône Énergies (à Fos-sur-Mer), ce sera plus marginal pour les autres raffineries", a commenté Bercy.
"Il ne s'agit pas de pallier des problèmes d'approvisionnement, mais bien de mettre davantage d'hydrocarbures en circulation, de participer à la stabilisation du marché, mais aussi de renforcer notre souveraineté énergétique", a ajouté le ministère de l'Économie.
En France, les prix du gazole ont augmenté de près de 29% depuis le 27 février, dernier jour avant l'attaque israélo-américaine sur l'Iran, d'après un calcul réalisé par l'AFP sur les prix rapportés à un site gouvernemental par quelque 9.600 stations. Le quasi-blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut.
Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille. Vers 17H45 le baril de Brent s'échangeait à 108,80 dollars (+6,44%) et le WTI américain à 95,09 dollars (+5,28%).
(Source AFP)


