Dans cette tribune, les syndicats disent avoir alerté les candidats sur la "progression des idées d’extrême-droite et sur les risques qu’elles font peser sur la démocratie, les libertés publiques et les droits des travailleurs et travailleuses". Ce courrier n’a pas été adressé aux listes présentées par le RN, l’UDR et Reconquête.
Les syndicats sont partis d’un constat clair où il apparait que "le vote extrême-droite a explosé" notamment "sur la périphérie de Besançon". Un bilan qui, "dans la perspective des présidentielles de 2027 ", rend les choses "très inquiétantes", a résumé Florian Choley de la CGT. Tout en évoquant les 41,45% récoltés par Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022, Mélanie Meier de la CFDT a poursuivi : "quand on dit que le RN est aux portes du pouvoir, on ne fabule pas".
Raison pour laquelle, les syndicats disent vouloir construire "quelque chose sur la durée et restés mobilisés en intersyndicale" afin de mettre en garde la société sur les idées portées par l’extrême-droite qui reposent "sur l’exclusion, la stigmatisation et la remise en cause de droits fondamentaux". Des principes incompatibles avec les "valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de respect des droits" auxquelles les syndicats disent être "particulièrement attachés".
Si le Rassemblement national est clairement visé il n’est toutefois pas le seul à interpeller les syndicats : "le RN pose plus de questions bien sûr, mais on peut retrouver ces mêmes idées dans d’autres partis", souligne Bénédicte Ponçot de la FSU. À Besançon, il s’agit d’une "liste qui a recueilli 8% mais on voit très bien que chez les candidats de droite, les idées d’extrême-droite font leur chemin et sont banalisées", ajoute Mélanie Meier. Pour les syndicats, il y a d’ailleurs "urgence" à agir. Or, "ce contre quoi on est engagé, ce sont bien les idéologies de l’extrême-droite qui, malheureusement, ne sont pas réservées à ce simple parti", ajoute-t-elle.
Némésis, un soutien qui interroge
Si dans certaines communes comme Besançon, l’extrême-droite ne s’est pas hissée au second tour, les syndicats ne relâchent pas la vigilance pour autant. Le récent cas du groupuscule Némésis affichant son soutien à Ludovic Fagaut a d’ailleurs été évoqué. "Si on n’a pas de discours du candidat de droite pour dire qu’il refuse des voix telles que celle-là, localement ça pose un problème" a relevé Florence Mathioly de Solidaire.
"Le RN n'a pas changé"
Cette intersyndicale a ainsi réaffirmé son objectif : "Notre rôle en tant qu’organisation syndicale ce n’est pas de fustiger les salariés ou les ouvriers qui votent RN mais de leur expliquer qu’ils se font berner, que derrière il y a des choses cachées ou non et qu’il y a un danger pour eux directement". Les syndicats ont cité pour exemple : le vote contre l’augmentation du SMIC, celui contre l’instauration de salaire minimum au niveau européen ou encore le refus de condamner la Hongrie qui durcit ses règles sur l’IVG.
Autre point évoqué, les droits des femmes, menacés par l’extrême-droite, lorsqu'elle "s’oppose ou s’abstient quand il est question de mettre en place des mesures pour protéger les femmes du viol conjugal" ou "contre les violences conjugales". Pour Mélanie Meier, "il y a ce qu’ils disent et ce qu’ils font". Les syndicats appellent donc à la vigilance : "le RN n’a pas changé. Il a changé de nom, la vitrine a changé, elle est propre, elle est lisse mais l’arrière-boutique c’est toujours la même. Les statuts du parti ce sont toujours les mêmes", a-t-elle conclu.


