La chaleur aura été le principal facteur de la saison touristique 2026 dans le Grand Besançon. Avec cinq épisodes caniculaires, les habitudes des visiteurs ont évolué, favorisant les lieux de baignade, les espaces naturels et les activités en soirée. Dans ce contexte, le bilan de l’Office de tourisme et des congrès fait apparaître une fréquentation contrastée, mais une attractivité qui se maintient.
"Quoi qu'on en dise, ces canicules ont impacté notre saison touristique, et ce n'est pas sans incidence, puisque nos sites et le cœur de l'agglomération ont été particulièrement impactés", observe Ludovic Fagaut. "Pour autant, notre destination résiste, et c'est ça qui est important", souligne-t-il.
Plus de 20 000 personnes ont été renseignées par les équipes de l’Office de tourisme, dans les locaux d’accueil et hors les murs. L’équipe mobile à vélo a notamment conseillé 2 190 personnes, soit une hausse de 38 % malgré une présence réduite en raison des fortes chaleurs.
Autre indicateur positif : la part des visiteurs étrangers atteint 39,45 % de la clientèle accueillie à l’Office de tourisme, contre 27 % en 2024. Une progression pour la troisième année consécutive. Les Allemands arrivent en tête, devant les Néerlandais et les Belges. Les visiteurs français proviennent principalement de Bourgogne-Franche-Comté, d’Auvergne-Rhône-Alpes et d’Île-de-France.

Les campings, grands gagnants de l’été
Le camping de Besançon-Chalezeule signe l’une des meilleures performances de la saison avec 27 122 nuitées, en hausse de 78 % par rapport à 2025. Souvent complet, l’établissement exploité par Onlycamp accueille principalement des visiteurs étrangers, notamment allemands, néerlandais et suisses. Les cyclotouristes de l’EuroVelo 6 sont également de plus en plus nombreux à y faire étape. La piscine voisine, accessible gratuitement par les résidents du camping, "a constitué un atout supplémentaire pendant les épisodes caniculaires", souligne Patrick Ayache.
À la base nautique d’Osselle, le camping enregistre également une progression de 12,6 %, avec 3 464 nuitées contre 3 077 l’année précédente. À l’inverse, l’aire de camping-cars de Canot, à Besançon, a connu davantage d’affluence en dehors des périodes de canicule.
Les piscines municipales ont, elles aussi, profité de la recherche de fraîcheur. À dix jours de la fin de la saison estivale, leur record de fréquentation globale de 2022 était déjà dépassé. L’ouverture exceptionnelle de la piscine Mallarmé fin juin a permis d’enregistrer 2 643 entrées supplémentaires.
La Citadelle reste en tête malgré un recul de fréquentation
Premier site touristique du territoire, la Citadelle a accueilli 69 618 visiteurs en journée en juillet et août, soit une baisse de 8 % par rapport à 2025. Les visites nocturnes reculent plus nettement, avec 7 240 visiteurs, en baisse de 31 %. Deux séances de cinéma annulées en raison d’orages ont notamment pesé sur la fréquentation événementielle. Le site confirme toutefois son ouverture à l’international : la part des visiteurs étrangers passe de 17 % à 21 %, avec une progression de 9 % de cette clientèle.
L’Office de tourisme enregistre, de son côté, 17 989 visiteurs en juillet et août, contre 20 270 en 2025, soit une baisse de 11 %. Les fortes températures ont modifié les horaires de fréquentation, avec des pics en dehors des heures les plus chaudes. "L’adaptation des horaires d’ouverture a permis de maintenir entre 200 et 300 visiteurs par jour pendant la canicule, contre 400 à 500 habituellement en période estivale", précise Patrice Hennequin.
Les visites guidées ont mieux résisté : 814 participants ont été comptabilisés, contre 762 en 2025, pour 76 visites proposées. Les formats en soirée, notamment la visite théâtralisée « Besançon au XVIe siècle » et l’expérience Dragon boat, figurent parmi les plus appréciés.

Osselle pénalisée par les cyanobactéries
Tous les sites n’ont pas bénéficié de la même dynamique. La base nature d’Osselle-Routelle a enregistré 27 927 entrées, contre 34 227 en 2025, soit un recul de 18 %. Cette baisse s’explique notamment par les fortes chaleurs et par la fermeture anticipée du site pendant dix jours fin août, en raison de la présence de cyanobactéries. La morsure d’une fillette par un brochet en début de saison est également citée parmi les facteurs ayant pesé sur la fréquentation.
Un plan de gestion environnementale, accompagné d’un suivi annuel de la qualité de l’eau, doit être engagé en 2027. L’élargissement des périodes d’ouverture de la base et du camping est également à l’étude, précise Ludovic Fagaut.
Le tourisme fluvial a lui aussi été fragilisé par la sécheresse, la prolifération d’algues et les fermetures de certains canaux en France. Le bilan complet reste attendu, la saison se poursuivant jusqu’à la mi-octobre.
Plus de 30 000 participants aux événements estivaux
La programmation événementielle a globalement bien résisté à la chaleur, notamment grâce aux manifestations organisées en extérieur et en soirée.
Les Mardis des rives ont rassemblé 13 382 spectateurs lors de six soirées organisées dans six communes. Le festival Ebulli’Son, à Montfaucon, a attiré 8 000 participants et Vital’été a comptabilisé 41 649 visiteurs sur l’ensemble de ses sites, un résultat stable par rapport à 2025. Le nouveau dispositif Vital’Oudoor a accueilli 1 575 personnes.
À Besançon, le festival Jours de Danse a réuni 3 090 spectateurs dans onze lieux et la première édition du Monique Festival a rassemblé 1 000 participants. Les animations astronomiques ont également attiré du public : 1 600 personnes à la Nuit des étoiles, environ 1 000 pour l’observation de l’éclipse solaire à la Malcombe et 400 au Musée des maisons comtoises de Nancray.
Au total, plus de 30 000 sportifs, spectateurs et festivaliers ont participé aux événements de l’été recensés dans le bilan.

Deux distinctions et des projets pour 2027
Le Grand Besançon bénéficie également de deux reconnaissances. L’Office de tourisme et des congrès est devenu le premier office de tourisme du Doubs à obtenir le label "Destination d’excellence", avec des notes de 96,3/100 pour la qualité et de 92,4/100 pour l’écoresponsabilité.
Par ailleurs, Besançon obtient deux étoiles au Guide Michelin Voyage & Cultures 2026, correspondant à la mention "vaut le détour".
Pour 2027, les priorités porteront notamment sur l’amélioration du camping de Chalezeule, la promotion de l’axe fluvial et cyclable de la vallée du Doubs et la préservation de la qualité de l’eau à Osselle. Des accueils de voyagistes allemands et d’agences françaises sont également programmés à l’automne 2026 afin de renforcer la visibilité de la destination.


