300 manifestants unis contre "l'élevage de la honte"

Publié le 01/06/2013 - 17:22
Mis à jour le 02/06/2013 - 13:24

Ils étaient entre 300 et 400 militants, défenseurs de la cause animale, à manifester cet après-midi dans la commune d’Emagny, dans le Doubs, pour demander la fermeture de l’élevage de visons local.

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Malgré la pluie, Venus de toute la France, de Belgique et de Suisse, les manifestants (330 selon la gendarmerie et 400 selon les organisateurs) ont défilé dès 13h dans le calme devant l'élevage et dans la commune.  Ils ont notamment scandé "M. le maire, laissez la peau aux animaux" ou encore "élevage hors la loi, n'ayez plus peur villageois".En provenance de Paris, Lyon mais aussi de Suisse et de Belgique, certains étaient déjà venus manifester l’an dernier. "Nous souhaitons maintenir la pression", lance une jeune femme.

Entre 2002 et 2012, l'éleveur a été verbalisé à plusieurs reprises pour avoir détenu plus de visons qu'autorisés et pour des infractions sur l'urbanisme, ont indiqué les organisateurs et la gendarmerie.  "Cet éleveur cumule les infractions, sans jamais être vraiment inquiété et sans que ses condamnations ne soient vraiment appliquées", s'est insurgé Fabien Robert, président de Combactive.

Une requête déposée contre la préfecture

Ils l'appellent "l'élevage de la honte", en raison des nombreuses irrégularités déjà mises en cause (construction illégale, dépassement du nombre d’animaux autorisés, rejets de polluants, installation non conforme…) Une situation contre laquelle se bat depuis plusieurs années l’association locale Combactive. "L’éleveur est dans la complète irrégularité depuis la création de son élevage et on lui donne pourtant de nouvelles autorisations", s’indigne Fabien Robert, son président. 

La préfecture du Doubs aurait en effet récemment délivré une autorisation d’exploitation supplémentaire, passant à 5000 visons contre 1000 l’an passé. "En février, nous avons donc déposé une requête devant le tribunal administratif de Besançn contre la préfecture, la procédure est aujourd'hui en cours."

La fondation Brigitte Bardot présente

Parmi les manifestants, la fondation Brigitte Bardot, représentée par Christophe Marie, a dit regretter l’absence de cadre juridique dans les conditions d’élevage. "Il est inimaginable qu’il n’y ait pas plus de réglementation pour les animaux à fourrure, alors qu’il en existe pour les animaux de consommation." 

Elle s'est toutefois félicitée du fait que deux propositions de loi sur la fermeture des élevages français aient été enregistrées cette année par les élus UMP, Lionnel Luca et Yves Foulon. Pour la fondation, il s’agirait même d’aller au-delà des fermetures. "Si c’est pour introduire après des fourrures provenant d’autres pays, ce n’est pas la peine non plus !" D’où le travail nécessaire de sensibilisation du public autour du port de fourrrure.

Au cours de la manifestation, la confrontation n’aura finalement pas eu lieu, l’éleveur préférant rester retranché dans sa maison. L’accès à l’élevage était, lui, barré par des camions et les cages, recouvertes de tôles. "Il a tout caché, l’année dernière ce n’était pas comme ça", souligne un militant. À leur retour, les manifestants se sont également arrêtés devant la mairie.

 

 

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