Après sa chute, le musée rappelle que "les dégâts sur l’œuvre ont été limités à l’altération d’une ancienne restauration qui maintenait la patte postérieure au corps de l’animal". Une étude détaillée de l’œuvre avait alors dévoilé "une légère fissure au niveau du joint d’assemblage entre la partie avant et la partie arrière du dos du taureau", précise le musée dans son communiqué.
Restauration en deux temps
Une intervention de conservation-restauration a ainsi été nécessaire et "menée en deux temps, en novembre 2025 puis en février 2026, par un groupement de restauratrices spécialisées dans les œuvres et les objets archéologiques en métal".
Une dérestauration nécessaire
En novembre 2025, l’ancienne restauration qui maintenait la patte en place a été démontée car jugée "problématique pour la conservation de l’œuvre", détaille le musée. La patte était en effet "maintenue par des vis et des plaques en alliage ferreux et un comblement en plâtre en remplissait l’intérieur. Ces matériaux inadaptés favorisaient un risque de corrosion du bronze et fragilisaient à terme l’œuvre. Le choix a donc été fait de dé-restaurer l’ensemble de ces éléments, après qu’ils aient été documentés".
Une nouvelle restauration "respectueuse de la déontologie"
En février 2026, les restauratrices ont procédé aux interventions de restauration. La fissure au niveau du dos a été consolidée et la patte a été replacée en utilisant les anciens trous de vis et la lacune comblée avec une résine colorée. Le musée précise que ces interventions "sont conformes aux grands principes déontologiques qui régissent aujourd’hui les restaurations d’œuvres d’art" telles que :
- La réversibilité : chaque opération a été pensée de manière à pouvoir être retirée ou modifiée ultérieurement, sans altérer l’intégrité de l’œuvre.
- La stabilité : les matériaux utilisés sont adaptés à la conservation du bronze antique, en recourant notamment à des éléments en alliage cuivreux en remplacement d’éléments ferreux susceptibles de favoriser la corrosion.
- La lisibilité : les ajouts modernes demeurent volontairement perceptibles. Le comblement a été réalisé légèrement en retrait de la surface d’origine et la retouche colorée, effectuée selon la technique du mouchetis, permet de distinguer la zone restaurée tout en conservant une lecture harmonieuse de l’ensemble.
Nouveau soclage pour davantage sécuriser l’œuvre
Une étude réalisée à la suite de l’accident qui avait endommagé l’oeuvre a permis de mettre en évident "l’inadaptation de l’ancien soclage : tiges sous-dimensionnées et répartition déséquilibrée des appuis", précise le musée des Beaux-Arts.
Un nouveau soclage a donc été conçu afin de garantir une meilleure stabilité grâce à des tiges de maintien plus rigides et une répartition optimisée des points d’appui.
Désormais solidement stabilisé, le Taueau d’Avrigney sera prêt à être redécouvert en salle à compter du 4 mars 2026.


