CINEMA La Conquête de Xavier Durringer

Publié le 21/05/2011 - 15:23
Mis à jour le 21/05/2011 - 15:23

Xavier Durringer nous plonge au cœur des jeux de pouvoir dans une fiction très largement inspirée de la vie de Nicolas Sarkozy.

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©dr
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*** A voir

La façon de s’exprimer, les tics, les subtilités, les accès de colère, tout y est. Incarné par un flamboyant Podalydès, Nicolas Sarkozy est à l’écran pendant près de deux heures dans une fiction très réaliste.

Comme le titre le suggère, le film nous montre le Sarkozy d’avant 2007, ambitieux et prêt à tout pour se faire une place parmi les puissants, avec en ligne de mire la présidentielle. Quitte à recevoir des coups. Beaucoup de coups. Mais aussi à en donner.

Rien n’est épargné, de son avidité de jeune lion qui veut détrôner son maître politique (Jacques Chirac, remarquablement interprété par Bernard Le Coq) à sa haine farouche envers Dominique de Villepin (joué par un très bon Samuel Labarthe) qui la lui rend bien.

Et, au centre, Cécilia, la dévouée jusqu’à l’extrême. Prenant prétexte de cette dégradation du couple, broyé par la contrainte et surtout le dévouement féroce de Sarkozy à la politique (« Je n’ai pas choisi la politique, c’est la politique qui m’a choisie »), Durringer met en scène le paysage politique français et les luttes de pouvoir qui semblent y être de rigueur.

Grâce à d’excellents dialogues souvent très fins, parfois très crus et à un script en béton signé Patrick Rotman, les hypocrisies deviennent comiques et les personnages grotesques et sympathiques. Tout ce cercle de fidèles autour de Sarkozy, désapprouvés par Cécilia qui se vengera d’eux jusque sur la liste des invités du Fouquet’s, paraissent bien malsains, vaniteux et ambitieux à côté d’elle qui semble être la seule capable de tenir la barre du paquebot Sarkozy.

La Conquête est une histoire d’homme, celle d’un homme très entouré et avide de pouvoir mais qui le soir de son élection, le 6 mai 2007, devait se sentir bien seul.

Quentin Buchberger


Réalisation : Xavier Durringer

Scénario : Patrick Rotman

Avec : Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq, Samuel Labarthe

Durée : 1h45

Genre : Comédie dramatique

Photographie : Gilles Porte

Musique : Nicola Piovani

Année de production : 2011

Distribution : Gaumont Production

Date de sortie : 18 mai 2011

 

A voir du même réalisateur : J’irai au paradis car l’enfer est ici (1997), Les oreilles sur le dos (2001)

Prochaine rubrique cinéma le samedi 28 mai 2011

**** à voir absolument
***  à voir
** pourquoi pas
*   mieux vaut éviter
 

 
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