Haute-Saône : "psychose naissante" avec l'assignation à résidence d'un fiché S

Publié le 11/02/2025 - 08:12
Mis à jour le 11/02/2025 - 08:59

Le maire de Lure en a appelé à l'Etat lundi 10 février 2025 face à la "psychose naissante" dans sa commune autour de la présence d'un homme fiché S, assigné à résidence en attendant son expulsion du territoire.

illustration (archives)  © D Poirier
illustration (archives) © D Poirier

Karim Mohamed-Aggad, 34 ans, est le frère de Foued Mohamed-Aggad, l'un des tueurs du Bataclan, mort lors de l'attentat du 13 novembre 2015 à Paris.

"Je demande d'organiser une rotation (entre plusieurs lieux de résidence, ndlr) en attendant que l'expulsion soit validée par les pays d'accueil", a déclaré à l'AFP Eric Houlley, maire socialiste de Lure, commune d'environ 8.000 habitants.

Fiché S, Karim Mohamed-Aggad avait été condamné en mai 2017 à neuf ans de prison par la cour d'appel de Paris pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", après avoir passé plusieurs mois en Syrie en 2013 et 2014, selon le quotidien régional L'Est Républicain. Après avoir purgé sa peine, il a de nouveau été condamné à six mois de prison pour le non-respect des mesures de surveillance qui lui étaient imposées.

"Il faut changer les règles"

Il a été déchu de sa nationalité en novembre 2023 et placé au centre de rétention administrative de Metz, puis assigné à résidence à Lure fin juin 2024 par arrêté du ministre de l'Intérieur, selon le journal. De père algérien et de mère marocaine, la mesure d'éloignement le visant n'a pas abouti: ni l'Algérie ni le Maroc n'ont délivré le laissez-passer consulaire indispensable à son expulsion, selon la même source. "Tout n'a pas été fait au niveau de l'Etat central (...) pour aboutir à un résultat et éviter qu'on ait cette psychose naissante", estime l'élu socialiste.

"Il faut changer les règles", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, en marge d'un déplacement à Strasbourg. "On doit changer les règles de droit. Je suis pour un Etat de droit mais l'état du droit, actuellement, est en train de nous paralyser. C'est pour ça que je plaide auprès de la Commission (européenne) pour changer la politique retour, la politique des éloignements", a-t-il ajouté.

Selon Eric Houlley, qui dit s'être "heurté à l'inertie de l'État", "des inquiétudes (...) commencent à remonter depuis plusieurs semaines" à Lure en raison du profil de l'homme. "Il y a eu des alertes sur les réseaux sociaux, des salariés dans les grandes surfaces, de la CPAM qui se sont inquiétés", a-t-il ajouté, précisant que l'homme "pointe régulièrement" et "respecte son contrôle judiciaire".

(AFP)

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