Jason Lamy Chappuis : "partir sur un titre, c’était le meilleur moment"

Publié le 02/03/2015 - 09:50
Mis à jour le 03/03/2015 - 10:13

«Partir sur un titre, c’était le meilleur moment», a lancé samedi 28 février 2015 Jason Lamy Chappuis, l’un des plus grands athlètes français de ces dernières années, après l’annonce de sa retraite à la fin de la saison 2015. Aux Mondiaux de Falun en Suède, le skieur de Bois d’Amont (Jura) a décroché la médaille d’or du sprint avec son ami François Braud, le cinquième titre mondial de sa carrière.

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INTERVIEW

Question : Jason, parlons d’abord de cette course. Est-ce que ce sont les sauts qui vous permettent de décrocher l’or ?

«En grande partie. On a fait le boulot le matin en sautant super bien. Il le fallait, car les Allemands sont très forts en ski de fond. Sur la course, l’objectif était de partir sur un bon tempo, constants, sans se mettre dans le rouge. Cela a bien fonctionné jusqu’au troisième des cinq tours: j’ai commencé à avoir les jambes dures. Il a fallu être costaud. Je ne sais pas où j’ai été cherché l’énergie dans les derniers mètres. J’ai eu très peur, car Rydzek revenait très fort. C’est la course durant laquelle je me suis fait le plus mal».

C’est cette victoire qui vous pousse à annoncer votre départ en fin de saison?

«Mon annonce est liée aux résultats de la quinzaine. Quatre médailles ! Un titre ! Je ne pense pas que je peux trouver d’objectifs supplémentaires ces prochaines années. J’ai tout gagné. Les JO, aussi. Je me voyais mal repartir, m’entraîner seul l’été. Il y a un peu de lassitude, même si l’hiver ça ne me dérange pas de me faire mal, car j’adore les compétitions».

A quand remonte votre décision ?

«C’était flou depuis un moment. C’est une décision que je viens de prendre. Hier soir, je me suis dis, +Si demain j’en claque une belle, ce sera le plus beau des cadeaux, je peux arrêter+. Il y a un peu de lassitude, j’ai moins la flamme. Ce n’est pas un coup de tête, même si je pensais me laisser un peu plus de temps. Mais vu ces Mondiaux inespérés, c’était le meilleur moment».

Cette décision, vous l’avez prise tout seul ?

«Oui, c’est une décision assez personnelle, même si j’ai pris l’avis des entraîneurs. Il y a un changement de génération qui s’opère. Je sens que j’ai fait tout ce que j’avais à faire. J’ai donné onze années de ma vie au combiné, tous les jours. Il est temps de passer à autre chose... Je veux finir ma formation de pilote de ligne. Le but est de travailler pour une compagnie aérienne dans quelques années. Mais dans un premier temps, je vais retourner aux États-Unis voir mes grands-parents, me ressourcer».

La porte est définitivement fermée, ou bien, on ne sait jamais? Dans trois ans, il y a des JO...

«On en a connu des athlètes qui revenaient pour les JO. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour».

C’est émouvant de dire au revoir après cette médaille avec votre ami François Braud ?

«Terminer sur une médaille d’or avec François: la boucle est bouclée. On se connaît depuis l’enfance. Il a vécu chez mes parents en famille d’accueil. C’est un de mes meilleurs potes. Ça ne changera jamais. François s’affirme comme un leader au moment où je m’en vais. Il a mis du temps à se rendre compte qu’il a ce niveau. Mais il a pris de la confiance, il est décomplexé. Il est devenu vraiment costaud».

Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

«Ce sont les moments avec l’équipe. Bien sûr, il y a aussi le titre olympique (2010 à Vancouver) qui a changé mon statut. Puis les Mondiaux de 2013 quasi parfait (trois titres à Val di Fiemme) et ici, Falun, avec des images d’euphorie qui vont rester à jamais. L’esprit de groupe, l’adrénaline, les moments avec les potes... Tout cela va me manquer».

Vous avez des regrets ?

«Si vous voulez parler de Sotchi, ce n’est pas un regret. J’ai été porte-drapeau, on ne me l’enlèvera jamais. Et puis, mes contre-performances à Sotchi (zéro médaille, ndlr) m’ont permis de me remettre en question. J’ai appris plein de choses qui m’ont permises d’être là aujourd’hui, face à vous, avec cette médaille d’or autour du cou».


(Source AFP)

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