Pour rappel, c’est la ville de Besançon qui est propriétaire de la basilique de Saint-Ferjeux. Il a été construit en 1884, avant la loi de séparation de 1905 entre l’Église et l’État.
C’est une étape clé que l’orgue de Saint-Ferjeux s’apprête à vivre. Il va entamer sa rénovation en 2027. Si le calendrier reste encore incertain, il est clair que l’orgue actuellement dans la basilique sera remis en fonction grâce à la détermination de l’association des Amis des orgues de Saint-Ferjeux, sous la présidence de Michel Krucien, de son trésorier André Grenier-Boley et de sa secrétaire Andrée Grenier-Boley.
Les aléas du temps ont marqué l’orgue. Se sont d’abord abîmés : les tuyaux, la voûte, les soufflets, le manchon… Les insectes xylophages ont également grignoté le bois. La vétusté a fait le reste.
Lorsque Laurent Agazzi, organiste de la basilique et de la cathédrale Saint-Jean, a allumé l’orgue, le constat a été sans équivoque. Il ne faut pas être connaisseur pour savoir que le bruit qu’ont fait les tuyaux n’est pas normal. Lorsque l’organiste a tenté d’appuyer sur quelques touches pour jouer, il est clair que ce n’est pas le son mélodieux qu’a voulu créer le musicien de renom Jehan Alain dans les années 30 lors de l’ajout du 3e clavier.

En 2023, Christian Lutz, expert qui s’est occupé de la restauration de l’orgue de Notre-Dame de Paris, s’est penché sur le cas de la basilique de Saint-Ferjeux. Après avoir effectué ses diagnostics, il a tenu à souligner le "caractère exceptionnel de l’instrument". Ces consignes seront donc retenues pour les travaux entamés par le facteur d’orgue en charge de la restauration : Hubert Braye.
Des modifications au fil du temps
Pourquoi l’orgue de la basilique de Saint-Ferjeux est-il si spécial ? De par son histoire. C’est par l’intermédiaire d’un prêtre, Jacques Jules Marquiset, que tout a commencé. Ce dernier a amené un petit orgue dans la basilique. Se rendant compte qu’il était trop petit par rapport à l’immensité de l’endroit, il l’a fait agrandir et a fait installer un deuxième clavier sur ses deniers personnels. Avec le temps, il sera agrandi, notamment avec l’ajout d’un deuxième clavier sous l’impulsion de Jules Bossier en 1930.
L’orgue sera ensuite transformé par le musicien Jehan Alain, dont le père était ami avec l’abbé Tissot. Ce virtuose de renom lui donnera des spécificités que beaucoup envieront. En 1932, un troisième clavier est ajouté et des travaux complémentaires sont effectués en 1939 sur les conseils de J. Alain.

Grâce au travail mené par l’association des orgues de Saint-Ferjeux, une restauration importante de l’orgue sera effectuée en 1988 avec une inauguration en grande pompe en présence de l’organiste Marie-Claire Alain.
En 2015, le troisième clavier sera consolidé et, en 2019, le moteur sera changé grâce à un financement de l’association.
Qu’en est-il des fonds alloués à la restauration ?
Les trois membres de l’association qui nous ont reçus sur place ont souhaité insister sur l’importance du soutien de la Fondation du patrimoine et notamment de son correspondant local. Aussi, ils ont souhaité remercier les 150 donateurs qui ont permis de faire avancer le projet de restauration. Enfin, ils espèrent que la promesse faite par Ludovic Fagaut, post-électorale, tient toujours et qu’ils pourront être davantage accompagnés.
En effet, la voûte située au-dessus de l’orgue va engloutir une bonne partie de l’enveloppe reçue par la ville. "Il faut colmater les effritements de la voûte, car des gravats tombent dans les tuyaux de l’orgue. Nous avons protégé comme nous avons pu pour le moment", précise Michel Krucien, président des Amis des orgues de Saint-Ferjeux.
Le montant prévisionnel de l’opération s’établit à 176.592 € TTC. Le financement repose sur 83.339 € de fonds de collecte de la Fondation du patrimoine, 34.800 € de mécénat, 50.592 € de participation de la Ville de Besançon, 5.000 € de fonds propres de la Fondation du patrimoine, 2.861 € de fonds propres de l’association.

Un hommage à Marie-Claire Alain
Au sein de la basilique, l’association a souhaité rendre hommage au centenaire de la naissance de Marie-Claire Alain à travers une exposition retraçant les moments clés de sa vie. "Elle aimait jouer dans tel ou tel lieu suivant les sonorités qu’elle voulait", explique Andrée Grenier-Boley, secrétaire et à l’origine de l’exposition consacrée à Marie-Claire Alain, qui souligne que l’artiste a d’ailleurs enregistré des œuvres dans la basilique.
Et d’ajouter : "Aux Etats-Unis, elle était appelée la first lady de l’orgue. Elle a également été très connue en Suisse", précise Andrée.
Et pourquoi un tel entrain pour cet orgue, si ce n’est son histoire ? Les trois membres de l’association sont unanimes : ils l’aiment, ils habitent le quartier et chantent dans la chorale. Et quoi de mieux qu’être accompagné d’un orgue centenaire ?
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Il est encore possible d’aider l’association en se rendant sur place ou en adressant une participation aux : Amis des orgues de la basilique de Saint-Ferjeux, 24 rue de la basilique 25 000 à Besançon.
La basilique de Saint-Ferjeux est ouverte le lundi, mardi, jeudi et samedi de 9h30 à 11h30 et le mercredi et vendredi de 15h00 à 17h00. La dernière messe de l’année se tiendra le 1er novembre 2026. Après, la basilique fermera ses portes car elle n’est pas équipée de système de chauffage.


