L'artiste de 38 ans, connu sous le nom de Nacle, avait réalisé cette fresque baptisée "Non au permis de tuer" sur l'un des "murs de libre expression" de la ville, au lendemain de manifestations contre une proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.
Le maire LR Ludovic Fagaut avait réagi en disant se "désolidariser clairement" du message inscrit sur l'oeuvre, "la police tue". L'édile avait fait effacer l'oeuvre, en expliquant qu'il condamnait "fermement ce type de tag, même sur un mur d'expression libre". "Si la liberté d'expression et la création artistique doivent être préservées, elles supposent certaines limites et ne sauraient justifier une mise en cause globale" des policiers, avait-il argumenté.
Nacle avait répliqué par une nouvelle fresque dans laquelle il dénonçait une "censure" en demandant "où est Charlie ?", en référence à l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015. "Une oeuvre peut déranger, choquer ou provoquer le débat: c'est aussi le rôle de l'art", avait notamment réagi l'artiste, se demandant "sur quel fondement juridique" une oeuvre pouvait être "supprimée".
"Tentative d'intimidation"
Le graffeur a finalement déposé plainte mardi contre M. Fagaut pour "destruction ou dégradation d'un bien appartenant à autrui" et "entrave concertée à l'exercice de la liberté de création artistique et de la liberté de diffusion de la création artistique".
"Un élu ne peut pas censurer un artiste" et "la liberté d'expression ne se négocie pas", a affirmé mercredi l'avocat de l'artiste, Me Pierre Brunisso, dans un communiqué. Il dénonce aussi une "tentative d'intimidation", le graffeur ayant été "convoqué auprès du commissariat de Besançon pour +outrage+" à la suite d’une plainte déposée mi-octobre par le ministère de l’Intérieur.
En janvier, la Ville, alors dirigée par l'écologiste Anne Vignot, avait déjà recouvert une fresque de Nacle évoquant le conflit israélo-palestinien. Elle l'avait fait au nom de sa "politique antitags", au motif que l’oeuvre n'avait pas été peinte sur un "mur de libre expression".
Cette fois, la fresque était peinte sur un mur dédié.
(AFP)


