Meurtre d'Anaïs, 9 ans : son père jugé pour enlèvement à Auxerre

Publié le 10/02/2025 - 16:01
Mis à jour le 10/02/2025 - 16:02

"Je n'ai rien pu faire": un père est jugé à partir de lundi à Auxerre pour avoir enlevé sa fille Anaïs, neuf ans, du foyer où elle était placée, avant d'avoir assisté, passif, au meurtre de la fillette par sa mère.

image d'archives © Hélène Loget
image d'archives © Hélène Loget

Le 4 avril 2022, Jérôme Mauvais avait été retrouvé blotti dans un coin du camping-car où Anaïs venait d'être abattue de sang froid par sa mère, qui s'était suicidée dans la foulée. "Elle l'a tuée d'une balle alors qu'elle jouait aux poupées", se remémore cet homme de 50 ans à l'allure frêle, au premier jour de son procès pour enlèvement devant les assises de l'Yonne.

"Je n'ai rien pu faire pour l'empêcher. C'est ma femme qui tenait les commandes", poursuit-il. "Ma femme avait le projet de la tuer", puis de se tuer si les services sociaux tentaient de "reprendre l'enfant". "Il était sous l'emprise de sa compagne", a confirmé une enquêtrice de personnalité, décrivant un homme victime de maltraitances dans son enfance qui l'ont "empêché de grandir". Il est comme "un jeune enfant, un peu immature", a-t-elle estimé.

Elle vivait dans des conditions insalubres

Née le 7 février 2013, Anaïs a connu un parcours émaillé de placements et de cavales avec ses parents, au statut très marginal. Dès 2016, des visites de contrôle avaient été ordonnées après une alerte sur les conditions insalubres dans lesquelles vivait la fillette. Mais les services sociaux ne parvenaient pas à réaliser ces visites de contrôle, les parents changeant sans cesse de lieu de résidence, toujours précaire.

Jusqu'en avril 2019 où les gendarmes mettent la main sur le couple. Anaïs est alors placée en foyer. Mais un mois plus tard, les parents ne la restituent pas lors d'une autorisation de sortie. Le couple est finalement arrêté de manière fortuite, lors d'un contrôle routier, le 15 novembre 2021.

Pour ce premier enlèvement, Jérôme Mauvais sera condamné le 4 mai 2022 à 18 mois de prison, dont six avec sursis. De son côté, Anaïs retourne en foyer. Elle a huit ans. Non scolarisée, elle ne sait ni lire ni écrire. Le 22 février 2022, son éducatrice veut lui faire plaisir et l'emmène dans un fast-food. C'est en regagnant le parking que les parents enlèvent Anaïs une nouvelle fois.

Ils se cachent dans la Marne, où ils vivent à trois dans un camping-car "jonché de détritus et de déchets de nourriture", selon les enquêteurs. C'est là qu'ils retrouveront les corps, devant le père hébété. Le verdict est attendu vendredi.

M. Mauvais, qui encourt la perpétuité, comparaît avec deux complices.

(Source AFP)

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