Pour commémorer cet événement, le village natal de Jeanne-Antide Thouret accueillera, du 29 au 31 mai 2026, une série de festivités autour de la basilique qui porte son nom. Le programme prévoit des conférences, un concert, une représentation théâtrale, ainsi qu’une messe pontificale en présence du nonce apostolique, représentant du pape en France.
D’autres activités seront également proposées, organisées par les sœurs de la Charité de Sancey et de Besançon, en collaboration avec la commune de Sancey, la paroisse Sainte-Jeanne-Antide – Plateaux de Valdahon et le diocèse de Besançon. Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’année internationale du bicentenaire, lancée le 24 juillet 2025 à Rome.
Jeanne-Antide Thouret : parcours et fondation
Jeanne-Antide Thouret naît le 27 novembre 1765. À 22 ans, elle rejoint les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul à Paris. La Révolution française contraint alors la dissolution des congrégations, et Jeanne-Antide retourne à Sancey, où elle ouvre une école et s’occupe des malades.
En 1796, elle entre chez les Solitaires de la Retraite Chrétienne fondés par le Père Receveur, voyageant jusqu’en Allemagne avant de poursuivre son chemin en Suisse. C’est à Einsiedeln qu’elle reçoit la vocation d’évangéliser les pauvres. De retour en France en 1799, elle fonde à Besançon une école, une pharmacie et un service de distribution de bouillon pour les pauvres. C’est le début de l’Institut des sœurs de la Charité, qui se développe rapidement en Franche-Comté et au-delà, jusqu’en Savoie.
En 1810, sur invitation de Madame Letizia, mère de Napoléon, Jeanne-Antide s’installe à Naples pour poursuivre son œuvre auprès des populations défavorisées. En 1819, ses Constitutions sont approuvées par le pape Pie VII, malgré des tensions avec l’archevêque de Besançon. Jeanne-Antide meurt à Naples le 24 août 1826.
Son héritage à Besançon
Aujourd’hui, la congrégation des sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret est présente dans 33 pays sur quatre continents, avec environ 1500 religieuses réparties en 170 communautés. Fidèles au charisme de leur fondatrice, elles œuvrent à l’évangélisation et au service des plus fragiles, dans un esprit de fraternité universelle.
À Besançon, l’héritage de Jeanne-Antide se manifeste notamment à travers la boutique Jeanne-Antide (BJA), anciennement "Œuvre du Bouillon". Gérée par le CCAS de Besançon, elle accueille des personnes sans abri, en grande précarité, ainsi que des familles vulnérables et des mineurs non accompagnés, en offrant restauration sociale et hébergement d’urgence.
Le bicentenaire de la mort de sainte Jeanne-Antide Thouret constitue ainsi un moment de mémoire et de célébration de l’engagement d’une femme qui, il y a plus de deux siècles, a choisi de consacrer sa vie aux plus démunis.




