Un nouveau traitement contre le cancer anal métastatique qui a déjà fait ses preuves en Franche-Comté...

Publié le 11/10/2018 - 15:17
Mis à jour le 16/04/2019 - 11:13

Plusieurs patients atteints d’un cancer anal métastatique ont été traités en Franche-Comté grâce à un nouveau protocole de chimiothérapie qui commence à faire ses preuves. Certains d’entre eux sont en situation de rémission complète selon un communiqué du CHU de Besançon jeudi 11 octobre 2018.

©CHU de Besançon ©
©CHU de Besançon ©

Le cancer du canal anal métastatique est un cancer rare (environ 500 cas par an en France), mais son incidence est en constante augmentation et son issue est bien souvent fatale. Aucun traitement de référence n’avait fait ses preuves et les médecins se trouvaient démunis lorsque ces cancers étaient au stade métastatique ou résistaient à la radiochimiothérapie initiale.

Quatre patients sur huit en situation de rémission complète !

Au sein du CHU de Besançon et de l’IRFC1, l’équipe d’oncologie médicale a choisi d’instaurer pour ses patients un nouveau protocole de chimiothérapie associant une molécule appelée Docetaxel (D) aux molécules de chimiothérapies conventionnelles : Cisplatine (C) et Fluorouracil (F).

Huit patients ont été traités en Franche-Comté par cette combinaison « DCF » entre 2005 et 2008. Quatre d’entre eux sont encore à ce jour en situation de rémission complète. Cette étude relève de l’exceptionnel car elle suggère un taux de rémission complète de longue durée de 50% contre 1% auparavant.

25 centres ont testé ce nouveau traitement en France

Pour confirmer ces données, l’équipe de cancérologie a mis en place une étude clinique coordonnée par le docteur Stefano Kim et le professeur Christophe Borg. Soixante-six patients ont ainsi été traités par cette nouvelle combinaison de chimiothérapies DCF dans 25 centres en France avec le soutien de groupes coopérateurs nationaux (GERCOR et FFCD).

Les résultats de cette étude sont positifs et confirment l’observation initiale avec un taux de réponse complet de 44 %. A un an, 47 % des patients sont en survie sans progression de leur maladie (contre moins de 15% avec les thérapeutiques standard).

L’association DCF, nouveau traitement de référence du cancer anal métastatique

Les résultats probants de cette étude, publiés dans le « Lancet Oncology », entraînent dès aujourd’hui une modification des pratiques thérapeutiques. La combinaison DCF s’impose

désormais comme le nouveau traitement de référence dans cette pathologie, avec des répercussions bénéfiques sur la sante? des patients.

Cette étude a également permis aux chercheurs de trouver de nouveaux marqueurs biologiques permettant de mieux comprendre la maladie et d’évaluer l’efficacité du traitement avec une simple prise du sang.

Enfin, dans plus de 90% des cas, les cancers du canal anal sont liés à une infection par le Papillomavirus humain (HPV). Les médecins oncologues souhaitent maintenant développer dans cette indication, une association combinant l’immunothérapie et la chimiothérapie DCF.

L’étude clinique est d’ores et déjà en cours de réalisation et permettra de mieux comprendre les mécanismes d’action de ces thérapies dans les cancers liés au virus HPV.

(Communiqué)

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