Dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 mai, vers 00h50, les policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) ont été alertés d’une possible opération de livraison au sein de l’établissement pénitentiaire situé à Besançon.
Selon les informations communiquées par la police nationale, les fonctionnaires ont alors observé un drone en action. L’appareil transportait un petit colis suspendu à une cordelette et l'a déposé directement à l’intérieur de l’enceinte de la prison.
Le drone suivi jusqu’à la rue Octave-David
Après avoir effectué sa livraison, le drone a survolé le secteur de l’enseigne Doras avant de prendre la direction de la rue Octave-David. Les policiers se sont immédiatement redus sur place. Ils ont alors assisté à l’atterrissage de l’appareil derrière une Alfa Romeo 147. Un homme a récupéré le drone, l'a jette dans le véhicule et s’est enfuit aussitôt à travers des broussailles, selon les constatations policières.
En s’approchant de la voiture, les agents ont remarqué la conductrice en train de retirer son téléphone portable de la télécommande du drone. La femme, âgée de 28 ans, a immédiatement été interpellée.
Un drone, des colis et du matériel retrouvés
Lors de la fouille du véhicule ramené au commissariat, les enquêteurs ont découvert le drone, sa télécommande, un colis déjà préparé ainsi que du matériel destiné à confectionner d’autres envois.
Placée en garde à vue, la suspecte a d’abord refusé de révéler l’identité du fuyard. Elle a seulement indiqué avoir récupéré un jeune homme originaire du quartier de Planoise. Au cours de son audition, elle a affirmé n’avoir joué qu’un rôle de conductrice.
"Un détenu pilotait depuis la maison d’arrêt"
La jeune femme a expliqué aux enquêteurs que son téléphone était relié à la télécommande du drone car un détenu aurait synchronisé son propre appareil afin de pouvoir piloter l’aéronef depuis l’intérieur de la maison d’arrêt. Toujours selon ses déclarations, elle entretiendrait une relation à distance avec ce détenu, rencontré via Snapchat.
Ce dernier lui aurait demandé de récupérer son cousin à Planoise pour procéder aux livraisons. D’après sa version, l’homme en fuite était arrivé avec les colis déjà préparés, le matériel nécessaire et le drone, qu’il pilotait lui-même pendant qu’elle attendait dans la voiture. À la vue des policiers, il aurait abandonné le matériel avant de prendre la fuite.
Déferrement et contrôle judiciaire
La garde à vue de la mise en cause a pris fin le 29 mai. Une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) a été engagée. Elle a été laissée libre sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître à Besançon pendant deux ans. L’audience de CRPC doit se tenir au cours du mois de juin.


