Virginie Béliard, responsable de l'association Générations Futures, n'est pas mécontente du nombre de personnes venues ce matin-là. L'association naturaliste, en coordination avec Les amis de la Confédération paysanne et la Ligue pour la protection des oiseaux, cherche à mobiliser et à avertir les Bisontin(e)s sur la loi d'urgence agricole débattue une dernière fois à l'Assemblée nationale ce 21 juillet. (Adopté depuis par l’assemblé dans la nuit du 20 au 21 juillet).
Les points les plus discutés de la loi concernent la composition des comités de direction de l'eau, la réintroduction de certains pesticides pour des filières agricoles spécifiques, et l'autorisation de tirer sur les loups avec des lunettes thermiques et infrarouges.
"Une loi d'urgence mais pas d'avenir"
Selon Dominique Voynet, seule députée du Doubs à avoir voté contre, au jour du 18 juillet puis le 20 juillet, cette loi s'est faite sans consultation. Elle dénonce un texte élaboré exclusivement entre la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et le syndicat FNSEA, pour éviter de nouveaux blocages de la part de certains agriculteurs.
Christophe Lime, président du bureau des élus de France Eau Publique, organisation réunissant les opérateurs publics de l'eau (17 millions d'habitations alimentées), a lui aussi déploré un manque de consultation des différents acteurs, tout à fait inédit. Il dit même avoir constaté de l'agressivité à l'égard de son organisation de la part des sénateurs du Palais du Luxembourg. Il a souligné l'inversion de la problématique opérée par le gouvernement : au lieu de soutenir les agriculteurs en leur permettant de vendre leurs produits et de leur assurer un revenu décent, l'État affaiblit les réglementations environnementales pour "les aider". Christophe Lime estime que cette nouvelle législation est "peut-être une loi d'urgence, mais pas d'avenir".
D'autres moyens d'action
Si des citoyens comme Jean-Luc (souhaitant rester anonyme) se disent "un peu déprimés de voir si peu de monde réuni", Hervé Groult, maire de Chalezeule, n'entend pas se laisser abattre et utilisera ses pouvoirs de maire en décrétant l'interdiction de certains pesticides sur sa commune si la loi est adoptée.
Le rassemblement s'est terminé par un geste collectif où tous les participants étaient invités à trinquer aux "Générations Futures".
La loi à été approuvé par l’assemblé nationale ce lundi 20 juillet, elle reste à être approuvé par le sénat.


