Carte scolaire dans le Doubs : l’UNSA-Éducation alerte sur une école sous tension

Publié le 03/04/2026 - 15:52
Mis à jour le 03/04/2026 - 14:19

Le Comité social d'administration académique (CSASD) du Doubs, chargé de la carte scolaire des écoles maternelles et élémentaires, s’est tenu mercredi 1er avril 2026, après une ”saga budget” jugée épuisante par les syndicats. L’UNSA-Éducation a publié un communiqué pour commenter les décisions prises et les enjeux éducatifs locaux.

 © Élodie R.
© Élodie R.

21 postes supprimés : un choix contesté

L’UNSA-Éducation déplore le contexte général : ”Nous ne souhaitons pas revenir ici sur les choix de politique générale qui ne font pas des services publics leur priorité et nous amènent aujourd’hui à devoir rendre 21 postes, nous éloignant encore de toute justice et cohésion sociale.”

Pour le syndicat, l’instance locale ne doit pas se limiter à un simple comptage de postes : ”L'UNSA-Éducation préfère utiliser cette instance locale pour construire l’avenir des écoles du Doubs.”

Priorité aux réalités de terrain

Le syndicat insiste sur l’importance de tenir compte du contexte local : ”Les chiffres ne suffisent pas : les réalités de terrain doivent compter.” Ces réalités incluent, selon l’UNSA-Éducation, les écoles rurales, ”terreau de la vitalité et de l'attractivité de nos villages”, ainsi que les écoles de ville où ”les actions pédagogiques visant la réussite de chaque élève sont prioritaires”.

Le communiqué souligne également le rôle des enseignants : ”Ce sont des enseignants engagés pour que chaque enfant puisse avoir sa place à l’école, quels que soient ses besoins éducatifs.”

Révision des seuils et prise en compte de tous les élèves

L’UNSA-Éducation a demandé à l’inspecteur d’académie de revoir les seuils de classes, actuellement fixés à 27 élèves en élémentaire et 30 en maternelle : ”La spécificité des seuils de maternelle à 30 élèves n’est, selon nous, plus valable depuis l’obligation d’instruction des enfants dès 3 ans.”

Le syndicat souhaite également que tous les enfants scolarisés soient comptabilisés, notamment les élèves de 2 ans, ceux en scolarité partagée et ceux bénéficiant d’une dérogation : ”Ces enfants sont présents dans nos écoles, nous les accueillons, nous les encadrons, ils comptent pour nous… ils doivent compter aussi pour l’administration.”

Fermetures annulées et dialogue social

Plutôt que de recourir à la grève, l’UNSA-Éducation a encouragé les conseils des écoles concernées à faire remonter leurs avis par motion. Selon le communiqué : ”Professionnels, élus, parents d’élèves, chacun avec son prisme et son expertise de la situation de l’école s’accordant à dire qu’une fermeture détériorerait les conditions de vie dans ces écoles.”

Suite au dialogue social, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) a accepté de travailler à la définition de nouveaux seuils et à la question de la scolarisation des enfants de 2 ans. Par ailleurs, 37 projets de fermeture ont été annulés, réduisant le total de 109 à 72, tandis que 27 ouvertures de classes sont prévues avec une réévaluation des besoins en juin et septembre.

Second degré : une dotation en forte baisse

L’UNSA-Éducation attire également l’attention sur les établissements du second degré : ”La dotation est en forte baisse et se traduira par des suppressions de divisions dans les établissements, un nombre d’élèves par division qui augmente et qui devient difficilement gérable, des suppressions de postes et des compléments de service qui vont encore se multiplier.”

Le syndicat critique l’approche uniquement démographique des dotations : ”Les besoins éducatifs ne se résument plus à des effectifs : Les dotations doivent désormais être calculées en considérant la prise en charge des difficultés sociales, des fragilités culturelles, de la ruralité et l’accompagnement des élèves en difficultés et en situation de handicap.”

L’école menacée selon le syndicat

Pour l’UNSA-Éducation, les suppressions de postes fragilisent l’école et les élèves : ”Nos classes ont changé et supprimer des postes, c’est affaiblir l’Ecole, mettre à mal l’avenir de nos élèves, en particulier les plus fragiles, et la stabilité de nos établissements, fragiliser un peu plus un pilier essentiel de notre pacte républicain.”

Le syndicat conclut sur un constat critique : ”Gouverner c’est choisir, le gouvernement avec ce budget a fait le choix de fragiliser L’Ecole, la réussite des élèves et les conditions de travail des enseignants déjà malmenés et sous-payés.”

Education

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