Des milliers de manifestants pour demander la fermeture immédiate de Fessenheim

Publié le 10/03/2014 - 11:12
Mis à jour le 15/04/2019 - 12:11

De chaînes humaines en lâchers de ballons, plusieurs milliers d’antinucléaires français, suisses et allemands ont manifesté dimanche 9 mars 2014 sur le Rhin et à Fessenheim, pour le troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima et réclamé la « fermeture immédiate » de la plus vieille centrale nucléaire de France à Fessenheim (Haut-Rhin).

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CENTRALES NUCLÉAIRES

Au son de la fanfare, des centaines de manifestants anti-nucléaires se sont rassemblés à Fessenheim avec des pancartes "M. Hollande serez-vous le président de la catastrophe nucléaire ?" ou "Nucléaire = démocratie bafouée".

Au total, les forces de l'ordre ont comptabilisé près de 3.500 participants sur les différents sites de rassemblement, les organisateurs avançant plutôt le chiffre de 7.000 à 9.000 manifestants, réunis à l'appel de différents associations antinucléaires et environnementales.

Vers 14h00, dimanche 9 mars 2014, les manifestants ont investi, des deux côtés de la frontière, huit ponts enjambant le Rhin, de Strasbourg jusqu'à la frontière suisse, en passant par Fessenheim.

Des actions pacifiques et symboliques ont été menées sur les ponts, comme un "die in" (où les manifestants s'allongent par terre) sur le pont de l'Europe à Strasbourg, des chaînes humaines reliant les deux rives, des lâchers de ballons, des prises de parole et une minute de silence en mémoire des victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.

La fermeture immédiate de Fessenheim

"Fukushima, les gens croient que c'est derrière eux, alors qu'en réalité ça ne fait que commencer: le plus grand nombre de victimes est à venir. On commence maintenant à voir apparaître de premières leucémies infantiles" au Japon, s'est indigné André Hatz, porte-parole de l'association Stop Fessenheim et membre du réseau Sortir du nucléaire.

Quelque 1.400 manifestants selon les gendarmes, plusieurs milliers selon les organisateurs, ont ensuite convergé dans le calme à partir en direction de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille de France encore en activité, pour réclamer sa "fermeture immédiate".

En service depuis 1977 et dotée de deux réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun, Fessenheim est la seule des 19 centrales françaises dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande. Elle doit fermer fin 2016.

Mais cette promesse ne satisfait pas les antinucléaires. "On est en train de nous mener en bateau, un accident peut arriver n'importe quand", a dénoncé le porte-parole de Stop Fessenheim, rappelant que la centrale alsacienne est construite sur une faille sismique et qu'elle est menacée d'inondation du fait de sa proximité avec le grand canal d'Alsace.

L'ermite de Fukushima surpris

Parmi les manifestants à Fessenheim figurait le Japonais Naoto Matsumura, 54 ans, aux cheveux blancs et à la moustache fine, surnommé "le dernier homme de Fukushima", qui effectue actuellement un séjour en Europe pour avertir des risques nucléaires.

"Au Japon, il y a aussi des manifestations antinucléaires, mais pas assez", a regretté l'homme, "étonné" du grand nombre de manifestants et de médias présents.

"Il faut dire haut et fort qu'il faut arrêter le nucléaire, il faut se battre", avait ajouté celui qui vit en ermite avec des animaux abandonnés près de la ville japonaise désertée de Tomioka, située dans le périmètre interdit d'un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima, dévastée depuis le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011.

Le réseau Sortir du nucléaire a prévu 50 jours d'actions antinucléaires en France du 8 mars au 26 avril, autre date anniversaire d'une catastrophe nucléaire, celle de Tchernobyl en Ukraine en 1986.

(Source AFP)

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