"Il n'y avait pas qu'une simple menace": Stéphane Colmant, avocat de la partie civile, estime que "le pire" aurait pu se produire le 15 mars 2024 quand un élève de 3e, alors âgé de 15 ans, a brandi un couteau devant la principale du collège Édouard-Herriot, un établissement situé dans un quartier prioritaire de Chenôve, près de Dijon.
L'adolescent, qualifié de "difficile", s'était d'abord présenté à son cours d'anglais, dont il avait pourtant été exclu. La professeure l'avait renvoyé vers le bureau de la cheffe d'établissement, avait expliqué le parquet peu après les faits. Arrivé devant la principale, le collégien avait présenté une lettre qui faisait mention d'une "prise d'otages", en référence aux attentats jihadistes du 13 novembre 2015, où 130 personnes avaient été tuées à Paris et sa banlieue. Puis il avait pointé un couteau dans sa direction. La directrice avait réussi à fuir, déclenchant l'alarme anti-intrusion. L'adolescent avait été arrêté une demi-heure plus tard.
Recruté pour la tuer ?
Interrogé, l'élève a d'abord assuré avoir voulu "planter" sa professeure d'anglais, avant d'affirmer avoir été "recruté pour la tuer" en échange d'une rémunération. Ses déclarations "pourraient être en lien avec une volonté de se donner de l'importance, ce qui a été confirmé par un expert psychiatre", avait déclaré le parquet à Dijon. Le parquet antiterroriste ne s'est d'ailleurs pas saisi.
"Il y a des éléments qui interrogent" sur la possible version terroriste, estime cependant auprès de l'AFP Me Colmant, qui représente la principale. "Il y a eu un véritable projet criminel, mûrement réfléchi. On a une personne qui avait savamment préparé les choses", dit-il.
Notamment poursuivi pour tentative d'homicide volontaire sur un enseignant, le mineur encourt une peine maximale de 20 ans de prison.
525 armes blanches saisies
Ce procès intervient peu après une série d'agressions de personnels de l'Éducation nationale. Une enseignante de Sanary-sur-Mer (Var) a été grièvement blessée, le 3 février, poignardée par un élève de 14 ans et, en juin 2025, une surveillante a été tuée à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne) par un adolescent également de 14 ans.
Face à la recrudescence de signalements d'armes blanches dans les écoles - qui ont bondi de 15% entre février 2024 et février 2025, selon le gouvernement, des contrôles de sacs ont été renforcés. Environ 525 armes blanches ont ainsi été saisies entre mars et décembre 2025.
(AFP)


