Expositions "Corps sans graphie" à ne pas manquer au Frac Franche-Comté à Besançon

Publié le 28/04/2025 - 17:00
Mis à jour le 19/05/2025 - 11:53

PUBLI-INFO • Le Frac présente ses nouvelles expositions du 18 avril au 31 août. Corps sans graphie rassemble trois expositions qui interrogent le corps dans sa représentation et dans son rapport à l’espace. 

Un homme qui dort de Laurent Goldring donne à voir des corps refoulés, des corps tels que nous n’en voyons jamais sinon dans les peintures d’un Bacon ou d’un Picasso, pour dénoncer les représentations normées et leur pouvoir de prescription sur nos corps. Des corps étranges encore, mais néanmoins poétiques et politiques, comme manifestation de l’hybridité, de la désorientation, de l’oppression voire de la folie dans l’exposition d’œuvres de la collection, Corps insensés. Le corps des visiteurs enfin, conviés par Alex Cecchetti à générer de la musique en pénétrant dans l'installation, MUSIC-HALL, inspirée d’un poème et s’apparentant à un gigantesque Thérémine. Commissariat : Sylvie Zavatta, directrice du Frac.

Laurent Goldring, Un homme qui dort

Depuis les années 1990, Laurent Goldring interroge la représentation à partir de celle du corps. Il s’emploie à révéler la façon dont l’image (photographie, film ou vidéo) détermine la perception que nous en avons. Dans ses boucles vidéo et dans ses photographies, il donne à voir des corps méconnus ou refoulés, des corps tels que nous ne les voyons jamais, sinon dans les peintures d’un Bacon ou d’un Picasso. Mais des corps sans doute plus « vrais », plus « ressemblants » que bien des représentations codées du monde de l’art. Ainsi « la question posée par Goldring est double : elle s’adresse à la fois au corps, comme construction anatomique et culturelle illusoire, et également à l’image » (Laurence Louppe, « Danse-photographie : pour une théorie des usages », Art Press n° 281, juillet-août 2002.) et à son pouvoir de prescription sur les corps.
L’exposition de Laurent Goldring présentée par le Frac Franche-Comté rassemble, aux côtés de vidéos et d’œuvres inédites, deux installations majeures : Cesser d’être un (2020) a été acquise par le Frac en 2021 et montrée une première fois au sein de l’exposition Dancing Machines (Besançon, 2020) et Le Terrier. Deux impressionnantes sculptures où le corps génère son espace particulier, un espace humanisé et qui se révèle le prolongement du corps lui-même.
Laurent Goldring, Sans titre (2014, avec I. Schad), 2017. Courtesy de l'artiste. © Laurent Goldring

Corps insensés, œuvres de la collection du frac

Avec les œuvres de Mathieu Kleyebe Abonnenc, Manon de Boer & Latifa Laâbissi, Marina De Caro, Agnès Geoffray, David Mach, Émilie Pitoiset, Sylvie Selig et Laurent Goldring. En dialogue avec l’exposition de Laurent Goldring et autour de l’une de ses photographies, le Frac présente des œuvres de sa collection au sein d’une exposition intitulée Corps insensés.
Dans son installation intitulée There wasn’t much room in the pool for individual expression, David Mach esquisse des corps inertes et flottants dans un espace aquatique indéfinissable. Marina De Caro propose quant à elle des photographies et une œuvre textile évoquant des corps mêlés ou en voie de métamorphose, auxquels répondent ceux imaginés par Sylvie Selig, hybrides et chimériques, comme autant de protagonistes d’un conte cruel . Dans leur prolongement, Mathieu Kleyebe Abonnenc filme les contorsions d’une danseuse devenue femme-araignée pour évoquer celles des esclaves entravés au fonds des navires négriers, tandis qu’Émilie Pitoiset s’empare d’images réalisées lors de concours de danse aux États-Unis lors de la grande dépression des années 1930, lesquels ont inspiré le livre d’Horace McCoy et le film éponyme On achève bien les chevaux. Avec Manon de Boer et Latifa Laâbissi,  le corps accède à la transe, celle de la sorcière. Persona est un film réalisé par Manon de Boer sur la performance Écran somnambule (2012) de Latifa Laâbissi basée sur un court enregistrement de Hexentanz (1926), un solo de danse créé par la danseuse et chorégraphe expressionniste allemande Mary Wigman (1886-1973). Les photographies d’Agnès Geoffray, issues d’autres archives, participent enfin d’un ensemble intitulé Les chutes autour de l’hydracropsychisme (un état morbide poussant de façon irrésistible un individu à se jeter dans les eaux) et de la notion de «?suspens catastrophique?».
Des corps insensés, mais néanmoins poétiques, comme manifestation de l’étrangeté, de l’hybridité, de la désorientation spatio-temporelle, voire de la folie. Mais aussi des corps politiques en prise aux problématiques d’oppression et de domination.
Agnès Geoffray, Les Chutes, 2020, Collection Frac Franche-Comté. © Adagp, Paris 2025.

Alex Cecchetti, MUSIC-HALL

Les œuvres d’Alex Cecchetti s’inspirent souvent d’un poème. Il en est ainsi pour MUSIC-HALL, œuvre acquise par le Frac en 2021, puisque son point de départ est Kubla Khan écrit par Samuel Taylor Coleridge (1772-1834). Dans ce poème, le poète, fondateur du mouvement romantique anglais, imagine une musique capable de bâtir à elle seule un palais entier avec ses jardins, fontaines, grottes et rivières.
Avec MUSIC-HALL, Alex Cecchetti, qui intègre régulièrement la musique à ses œuvres, propose au public un environnement immersif où chacun, de son corps, pourra donner vie à un concert : « L’espace qui vous entoure est ici transformé en instrument de musique, et lorsque vous traverserez l’espace (…), votre mouvement produira des notes de la gamme pentatonique chinoise.
La musique de votre corps se joue à partir du cône de cuivre qui flotte sur votre tête : une sorte de thérémine gigantesque qui transforme l’espace en champ musical. Le long du mur, vous pouvez voir cinq aquarelles, ce sont des vues du palais de la musique, et leurs positions respectives marquent les cinq “notes” pures du pentatonique chinois. Il semble que ce soient les notes qui ont créé le monde. Utilisez votre corps pour faire votre propre musique.
Alex Cecchetti, MUSIC-HALL, 2018. Collection Frac Franche-Comté. Vue de l'exposition At The Gate Of The Music Palace, Void art center, Derry, Irland (2018) © Alex Cecchetti. © Tansy Cowley

Infos pratiques

  • "Corps sans graphie"
  • Jusqu’au 31 août 2025
  • Frac Franche-Comté - passage des arts à Besançon
  • Infos sur www.frac-franche-comte.fr

Culture

Une expertise judiciaire conclut à l’authenticité d’un tableau inédit de Gustave Courbet

Refusé en 2023 par le Comité Courbet, Deux chevreuils au repos dans un paysage de neige, une œuvre datée de 1866 et redécouverte par le galeriste parisien Johann Naldi*, est aujourd’hui considérée comme authentique par un expert judiciaire, Gilles Perrault. Son rapport s’appuie notamment sur des analyses scientifiques, stylistiques, historiques et documentaires. Cette conclusion intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire faisant suite à la vente du tableau aux enchères, en 2022, à Fontainebleau.

Le Nouveau Théâtre de Besançon ouvre sa saison et dévoile ses nouvelles créations

Portes ouvertes, lecture avec Véronique Ovaldé, répétitions publiques et nouvelles créations : le Nouveau Théâtre de Besançon lance sa saison 2026-2027 sous le signe de la rencontre et de la création. Dès le 19 septembre, le public est invité à découvrir les coulisses du théâtre, son nouveau programme et les artistes qui feront vivre la scène bisontine cette année, parmi lesquels Tommy Milliot, artiste directeur du NTB et Juliette Mouteau, artiste bisontine associée.

82e anniversaire de la Libération de Besançon : de la résistance à la bataille armée

En images • La ville de Besançon a été libérée de l’occupation nazie le 8 septembre 1944. Une cérémonie s’est tenue ce mardi en fin d’après-midi avec des véhicules militaires d’époque. Le tout était précédé d’une visite guidée au musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle sur le thème "Résister, libérer et reconstruire la France".

" Bienvenue aux Étudiants " à l’Université Marie et Louis Pasteur : le programme complet en Franche-Comté

À partir du 10 septembre 2026, l’Université Marie et Louis Pasteur (UMLP) organise une nouvelle édition de son festival "Bienvenue aux Étudiants". Ce rendez-vous de rentrée doit permettre aux étudiantes et étudiants de découvrir leur environnement universitaire, de s’informer et de faciliter leur intégration.

Lumières d’Afrique fête ses 30 ans à Besançon : une édition anniversaire sous tension

Du 7 au 15 novembre 2026, le Festival international des cinémas d’Afrique de Besançon revient avec un 26e édition, après 4 ans d'absence. Plus de 40 films sont annoncés, avec une rétrospective, des compétitions, des avant-premières et des rendez-vous autour des cultures africaines. L’association organisatrice alerte toutefois sur la baisse des financements institutionnels.

" Du Mékong au Doubs " : l’itinéraire d’un moine judoka devenu père et réfugié raconté dans un livre

Dans Du Mékong au Doubs, Christophe Rattanamongkhoun retrace le parcours de ses parents, Simon et Eliane, du Laos à la France. Un récit familial construit à partir de souvenirs, de photographies, de documents et de traces conservées au fil des générations. L’ouvrage est paru le 5 août 2026.

Défilé, musique, musée de la Résistance… Le 8 septembre, la Ville de Besançon commémorera la Libération

Le 8 septembre 1944, après quatre années d’Occupation, Besançon était libérée. Chaque année, la Ville commémore cette date qui constitue un tournant majeur de l’histoire bisontine et rend hommage aux personnes ayant contribué à retrouver la Liberté. Cette année, la cérémonie se déroulera mardi 8 septembre, à partir de 19h, place du 8-Septembre. D'autres rendez-vous sont donnés à travers la ville.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 16.4
ciel dégagé
le 10/09 à 23h00
Vent
1.37 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
66 %

Sondage