Habitat: 40% des immigrés francs-comtois résident en HLM

Publié le 08/06/2011 - 09:35
Mis à jour le 08/06/2011 - 09:35

Une étude de l’INSEE met en évidence que la population immigrée dans la région est surreprésentée dans le logement social. 30 000 immigrés sur 75 000 immigrés sont logés en HLM (habitation à loyer modéré) en Franche-Comté.

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L’étude portant sur la population immigrée (*) en HLM en Franche-Comté est calquée sur le recensement de 2007. Elle confirme une surreprésentation des immigrés ayant recours à l’habitat social. 40% d’entre eux logent en HLM, alors qu’ils ne représentent que 7 % de la population régionale, contre seulement 12% pour le reste de la population.

En revanche, l’étude va à l’encontre d’une idée largement répandue qui consiste à penser que les HLM sont majoritairement occupés par des immigrés. En fait, ils ne représentent que 19%, soit 30 000 sur les 156 000 occupants des logements sociaux dans la région. « Ils ne sont donc pas majoritaires », insiste Sophie Sencey, chef de mission à l’INSEE.

L’octroi d’un logement HLM est avant tout lié aux conditions de ressources. Comme les immigrés comptent relativement plus de chômeurs et de personnes en situation précaire dans leur rang que le reste de la population, cela explique en partie leur surreprésentation. Et, lorsqu’ils ont un emploi, ils sont plus souvent ouvriers (49% contre 29%).

« La présence relativement plus forte des immigrés dans les logements de type HLM s’expliquerait davantage à travers leurs conditions sociaux-économiques en lien avec les conditions d’accès au logement social. Cette réalité ne répondrait donc pas à une condition ou plusieurs caractéristiques qu’ils auraient en propre. Cependant, tout en intégrant l’ensemble de ces facteurs, la probabilité de vivre dans un logement social est cinq fois plus élevée pour une personne immigrée », commente l’INSEE.

D’autres facteurs entrent donc en ligne de compte comme la difficulté d’intégration. On en veut pour preuve le fait qu’un immigré ayant acquis la nationalité française habite 1,5 fois moins en HLM qu’un immigré de nationalité étrangère.

L’INSEE évoque encore une autre difficulté. « Il semble que, selon leur origine, le parcours résidentiel des immigrés francs-comtois soit freiné par des difficultés particulières d’accès au parc locatif privé et à la propriété ». Une manière édulcorée pour dire que « le faciès » fait encore la différence ?

(*) Sont pris en compte comme immigrés, les étrangers présents en France nés à l’étranger (44 000) et les Français par acquisition nés à l’étranger (31 000).

Une forte population d’origine maghrébine

Il ressort de l’étude de l’INSEE que les immigrés originaires d’Algérie, du Maroc et de Turquie sont les plus nombreux à loger en HLM. Suivent ceux en provenance du Portugal, de Serbie et de Bosnie-Herzégovine.

Un immigré sur trois en Franche-Comté est d’origine maghrébine (Algérie, Maroc, Tunisie), précise l’INSEE. La région compte 23% d’immigrés d’Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie). La région se caractérise par une présence plus importante sur son territoire d’immigrés d’origine turque, suisse et des pays d’ex Yougoslavie (Serbie, Bosnie-Herzégovine). Avec une part d’immigrés d’origine turque de 12%, la Franche-Comté de classe au deuxième rang des régions derrière l’Alsace. Une proportion d’immigrés originaire des Balkans place la région en première position.

Cette diversité ne se retrouve pas de manière aussi importante au sein de la population immigrée vivant en HLM. Les immigrés d’origine maghrébine y sont davantage présents (plus de la moitié).

A caractéristiques égales, un immigré d’origine algérienne a une probabilité d’habiter en HLM neuf fois plus importante qu’un immigré issu d’un pays de l’Union européenne ou de Suisse. Cette propension est sept fois plus élevé pour un immigré né au Maroc ou en Tunisie et six fois plus s’il est originaire de Turquie ou des Balkans.

A noter que les immigrés d’origine portugaise, italienne, suisse et espagnole sont beaucoup plus nombreux à vivre dans le secteur privé qu’en HLM.

Un dossier complet à l’automne

Cette étude de l'INSEE sur le logement des immigrés ne concerne qu’un volet d’un dossier beaucoup plus complet sur la population immigrée qui sera publié à l’automne.  Outre le logement, seront également abordés l’éducation, l’insertion, la santé, la population vieillissante et les femmes.

« L’objectif est de mieux comprendre et mieux agir en faveur de l’intégration des immigrés en Franche-Comté », précise la Direction de la Jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. L’étude s’inscrit dans le Programme régional d’intégration des populations immigrées de Franche-Comté (PRIPI).

 

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