Une minute de silence en hommage au policier tué à Avignon

Publié le 11/05/2021 - 16:40
Mis à jour le 11/05/2021 - 17:05

Un instant de recueillement en mémoire d’ Éric Masson était organisé ce mardi 11 mai 2021 à 15h dans la cour de l’hôtel de police de Besançon.

Un moment de recueillement en l'honneur d'Éric Masson, 36 ans, tué le mercredi 5 mai 2021 à Avignon, a été observé mardi 11 mai 2021 à 15h00 dans la cour de l'hôtel de police de Besançon en présence de nombreux policier et des citoyens venus rendre hommage au brigadier de police.

Un hommage national a été rendu à Avignon par  Jean Castex en présence des ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice Eric Dupond-Moretti. Le Premier ministre a prononcé un discours en préfecture du Vaucluse. Il a notamment rendu hommage aux "sacrifices" et à l'"abnégation"  des forces de l'ordre.

"Ses enfants pourront dire 'Mon père est tombé pour que mon pays puisse vivre en sécurité''' a déclaré Jean Castex, avant de saluer la mémoire de ces ''serviteurs de l'État qui ont trouvé la mort alors qu'ils étaient en service". "Jamais la République ne tolérera qu'un tel fait reste impuni. Je sais bien que des simples mots ne suffiront pas à adoucir le chagrin, la révolte, de ceux qui ne reverront plus jamais leur collègue, leur fils" a ajouté le Premier ministre.

Ces mots "viennent du cœur, du cœur de celui qui les prononce, évidemment, mais aussi du cœur de l’État car ce qui est en cause dans ce drame, c’est aussi le cœur de la République" a indiqué le chef du gouvernement. Il s'est ensuite adressé directement aux forces de l'ordre et salué leur action : "C’est une mission. Une mission qui exige des sacrifices personnels quotidiens et une abnégation souvent sans limite. (...) La République a des obligations à l’égard de ses policiers"

Deux suspects en passe d'être mis en examen

Interpellés dimanche soir, le meurtrier présumé du policier Éric Masson, tué à Avignon, et son complice voulaient fuir vers l'Espagne, ont révélé lundi les enquêteurs, qui ont également mené des perquisitions et arrêté la sœur d'un des suspects et un autre homme.

Quatre jours après le drame, des policiers d'élite de la Brigade de recherche et d'Intervention (BRI) ont procédé dimanche soir à l'interpellation de trois hommes au péage de Remoulins, à 20 kilomètres à l'ouest d'Avignon, en direction de Nîmes.

Parmi eux figureraient le tireur présumé et son complice, ainsi que le chauffeur du véhicule, ont précisé des sources policières, selon lesquelles ils se dirigeaient tous trois vers l'Espagne. Le tireur qui a atteint mortellement le brigadier de 36 ans avec une arme de poing dans le centre d'Avignon avait pris la fuite avec son complice.

Les trois hommes, ainsi que la soeur de l'un d'eux arrêtée par ailleurs, ont été placés en garde à vue au commissariat d'Avignon.

Ces interpellations sont intervenues quelques heures après une cérémonie d'hommage au policier qui a réuni dimanche plusieurs milliers de personnes -- 5.000, selon la police -- policiers en civil ou habitants devant le commissariat d'Avignon.

"Entre émotion et colère"

L'homme soupçonné d'être l'auteur des tirs, et son complice présumé, sont âgés d'une vingtaine d'années. "Ils sont français, nés en France", a précisé le locataire de la place Beauvau, ajoutant qu'ils étaient connus pour trafic de stupéfiants.

"On les avait mis sous surveillance depuis le début de l'enquête", a aussi indiqué à l'AFP un responsable de la police judiciaire précisant qu'une cinquantaine de membres de la PJ étaient mobilisés sur l'enquête.

Le lendemain du meurtre du policier, une femme présente sur les lieux, une consommatrice de drogue, avait été placée en garde à vue puis relâchée.

Appelés mercredi sur un point de trafic de drogue bien connu, dans le centre historique d'Avignon, des policiers de la brigade d'intervention départementale Vaucluse-Gard, en civil, dont Éric Masson, avaient procédé au contrôle d'une cliente "de ce qui ressemblait à un échange de stupéfiants", selon le procureur Philippe Guémas.

Alors que la femme venait d'être arrêtée par les deux policiers, "deux individus s'avançaient (...) et l'un des deux, porteur d'une sacoche en bandoulière (leur) demandait ce qu'ils faisaient là", a expliqué M. Guémas: "Eric Masson déclinait sa qualité de policier et l'individu sortait une arme de poing et faisait feu à deux reprises, l'atteignant au thorax et à l'abdomen". Le policier est mort sur place.

Le drame a provoqué une profonde émotion parmi les policiers et attisé la colère de leurs syndicats qui ont prévu "une marche citoyenne" le 19 mai et réclament une réponse pénale plus forte contre ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre. Les représentants des forces de l'ordre doivent être reçus ce lundi soir à Matignon, où Jean Castex les accueillera avec Gérald Darmanin et le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti.

(Avec AFP)

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