Incendie Crans Montana : les propriétaires du bar assurent qu'ils ne se "déroberont" pas

Publié le 07/01/2026 - 08:17
Mis à jour le 07/01/2026 - 08:38

Jacques et Jessica Moretti, les Français propriétaires du bar ravagé par les flammes la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana, ont assuré mardi 6 janvier 2026 qu'ils ne se "déroberaient pas" dans le cadre de l'enquête menée après le drame.

Extrait d'une vidéo de témoin au bar Le Constellation à Crans-Montana le 31 décembre. © DR
Extrait d'une vidéo de témoin au bar Le Constellation à Crans-Montana le 31 décembre. © DR

"Nous sommes dévastés et envahis par le chagrin", ont annoncé les propriétaires du Constellation dans un communiqué reçu par l'AFP, qui constitue la première déclaration publique du couple depuis l'ouverture samedi d'une enquête les visant pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence".

Le drame, qui a fait 40 morts et 116 blessés, a été provoqué, selon l'enquête, par des bougies dites "fontaines" entrées en contact avec le plafond du sous-sol. Les clients du bar, principalement des adolescents et de jeunes adultes, s'étaient retrouvés piégés par les flammes. L'enquête doit notamment se pencher sur la conformité des travaux réalisés par le couple en 2015, les matériaux utilisés, les voies de secours, les moyens d'extinction ainsi que sur le respect des normes en matière d'incendie, notamment la pose au plafond d'une mousse, un matériau insonorisant, qui semble s'être très rapidement embrasé. 

Pas de contrôle incendie entre 2020 et 2025

Mardi, les autorités de la commune ont reconnu qu'il n'y avait pas eu de contrôle sécurité et incendie de l'établissement de 2020 à 2025.

Dans le communiqué transmis par leurs avocats, le couple a assuré faire "pleinement confiance aux enquêteurs pour faire toute la lumière et dissiper les interrogations". "Soyez certains à cet égard de notre entière collaboration et du fait que nous ne chercherons d'aucune façon à nous dérober", ont-ils assuré. Dans ce texte, ils ont affirmé être en "pensée constante" pour les victimes, leurs proches, et les blessés et salué le "courage" des forces de l'ordre et sauveteurs.

Un propriétaire au casier chargé

Selon des sources proches du dossier, Jacques Moretti était connu de la justice française pour une affaire de proxénétisme : il avait été incarcéré en Savoie en 2005 puis condamné en 2008 à une peine de prison. Selon le Dauphiné Libéré, il était alors accusé d'avoir recruté des jeunes femmes en France pour les faire travailler dans un salon de massage de Genève. La même source indique que sa condamnation avait été assortie d'une interdiction de gérer une entreprise en France.

Selon une autre source proche du dossier, il a aussi été mis en cause par le passé dans sept autres affaires, notamment pour escroquerie, sans que cela ne débouche sur des condamnations.

Au terme de l'instruction ouverte, le ministère public du Valais décidera de classer l'affaire ou d'émettre un acte d'accusation. En attendant, les intéressés n'ont fait l'objet d'aucune mesure de détention provisoire ni d'assignation à résidence.

(AFP)

Incendie à Crans-Montana

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