"M. Savoy a été entendu aujourd'hui en qualité de prévenu (...) Il entend participer activement à l'enquête, il entend collaborer. Or, en l'état, l'accès au dossier lui est malheureusement refusé, ce qui fait qu'il n'a pas pu répondre aux questions qui lui étaient posées par le pôle de procureurs", a déclaré devant la presse Bryan Pitteloud, l'avocat de l'ancien édile.
Président de la commune de Chermignon de 2009 à 2016, Jean-Claude Savoy avait co-signé une autorisation d'exploiter le bar Le Constellation, à la suite de travaux effectués par le gérant Jacques Moretti, principal mis en cause dans l'enquête sur l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit de la Saint-Sylvestre.
L'ancien élu, qui a quitté ses fonctions avant la fusion de sa commune en 2017 avec celles de Montana, Mollens et Randogne - ayant abouti à la naissance de Crans-Montana -, était convoqué pour la première fois par le ministère public du Valais, chargé de faire la lumière sur le drame qui a coûté la vie à de nombreux adolescents et jeunes adultes.
Son avocat, qui n'a pas expliqué les raisons pour lesquelles son client était privé d'accès au dossier, a assuré que ce dernier était toutefois "à disposition de la justice et qu'il répondra(it) aux questions qui lui seront posées ultérieurement".
"C'est une stratégie, ce refus de collaborer..."
"Je suis dans l'état d'esprit d'un ancien président de commune qui a terminé son mandat il y a 10 ans, qui a été rattrapé par cette affaire 10 ans après, et qui assume ses responsabilités politiques, qui sont évidentes", a déclaré M. Savoy à sa sortie d'audience, précisant avoir demandé deux fois aux magistrats d'accéder au dossier.
"C'est une stratégie, ce refus de collaborer... Et le droit de se taire est un droit absolu. Les juges apprécieront à l'heure du jugement sa collaboration qui est, pour l'instant, nulle", a réagi face aux journalistes Saskia Ditisheim, avocate des parties civiles.
"Franchement, cette attitude nous a laissés très perplexes (...) Nous prenons donc acte de ce choix franchement incompréhensible, car lui aussi a eu beaucoup de temps pour se préparer", a regretté l'avocat italien de victimes, Fabrizio Ventimiglia.
Cette audition était la troisième d'une nouvelle série de convocations menées dans le cadre de l'enquête ouverte après le drame. Le conseiller communal en charge de la sécurité de Crans-Montana et l'adjoint au chef du service de la sécurité publique de la commune ont répondu aux enquêteurs lundi et mardi. Placé "sous mesures de contrainte", Jacques Moretti, un Français copropriétaire avec son épouse Jessica du bar Le Constellation, doit, quant à lui, être de nouveau entendu le 5 juin.
(Source AFP)


