L'imbroglio juridique autour de la montée du RC Lens, après une décision du tribunal de Besançon

Publié le 29/01/2015 - 19:51
Mis à jour le 29/01/2015 - 19:42

Le RC Lens, déjà escorté par des interrogations sur son budget et de mauvais résultats, vit décidément une saison de cauchemar, puisque la justice a invalidé sa montée en L1 jeudi,après une plainte du FC Sochaux. Cet imbroglio juridique n'entraîne pas de rétrogradation pour l'heure, la Fédération française de football (FFF) ayant fait appel de la décision dans la foulée.

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©www.fcsochaux.fr

Football

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Sochaux à l’origine de la procédure

Le FC Sochaux, qui était descendu sportivement de L1 en L2 à l’issue de la saison dernière, n’avait pas vu d’un bon oeil le feuilleton du RC Lens, avec sa montée de L2 en L1, acquise sur le terrain, d’abord refusée par le gendarme financier du foot français (DNCG) avant d’être finalement autorisée par la Fédération française de football (FFF).

Le club du Doubs estimait que la place des Artésiens dans l’élite lui revenait et a saisi le tribunal administratif de Besançon. Cette juridiction a annulé jeudi l’autorisation de montée en L1 accordée en juillet au RC Lens par la FFF.

Le tribunal a jugé que la FFF n’était pas compétente pour revenir sur une décision de la DNCG. Il a par ailleurs rejeté la demande des Sochaliens d’être réintégrés automatiquement en L1 à l’issue de la saison 2014-15.

Quelles conséquences pour Lens ?

La décision de la justice « ne change rien au championnat, mais elle constate malgré tout que Lens n’a pas le titre juridique pour jouer en Ligue 1« , a indiqué Me Yanis Zoubeidi-Defert, avocat du FC Sochaux, à l’origine de cette procédure judiciaire.

En d’autres termes, l’avocat dit que le tribunal ne se prononce pas sur la rétrogradation de Lens, mais sur la légalité de la décision de la FFF d’intégrer les Nordistes en L1. « Le RC Lens est un occupant sans droit ni titre du championnat de Ligue 1 et la conséquence logique serait la rétrogradation du club« , ce qui ne pourrait intervenir qu’à l’issue de la saison actuelle, ajoute l’avocat du club doubiste, estimant encore que « la Ligue de football professionnel (LFP) et la Fédération française de football (FFF) devront assumer leurs responsabilités ». La réponse de la FFF ne s’est pas fait attendre puisqu’elle a fait appel, sans vouloir en dire davantage « tant que la procédure est en cours ».

Des dommages collatéraux ?

Lens est donc toujours un club évoluant en L1, qui accueille Bastia samedi pour le compte de la 23e journée. Toutefois « cette remise en cause de la décision de la FFF peut entraîner un énorme problème sportif et moral », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

Si la décision du TA de Besançon est interprétée comme une promesse de descente en L2 quoi qu’il arrive sur le terrain, alors les joueurs lensois pourraient « ne plus avoir d’envie, d’intérêt à jouer leurs matches à fond », explique cette source. Sauf que « ce jugement n’oblige pas les instance du football à rétrograder Lens en fin de saison, il n’a pas de conséquence pratique sur le championnat« , a fait savoir à l’AFP le tribunal de Besançon.

Reste le point de vue sochalien. « Hormis une satisfaction de principe ou uniquement liée à la question du droit, les dirigeants de Sochaux ne peuvent pas être contentés par cette décision« , poursuit la source.

Kombouaré: « ça m’emmerde« 

L’entraîneur du RC Lens, Antoine Kombouaré, n’avait pas besoin de ce nouvel épisode dans une saison où toutes les interrogations liées aux garanties financières de l’actionnaire majoritaire, l’Azerbaïdjanais Hafiz Mammadov, n’ont pas été levées. Sans oublier que le RC Lens est 19e et avant-dernier de L1. « Sochaux me fait rire, ils sont descendus car ils ont été mauvais, et nous, nous sommes montés car nous avons été bons, a lâché Kombouaré devant la presse. Je leur souhaite de remonter et nous de nous maintenir, c’est la réalité des choses. Après si certains veulent récupérer de l’argent via les procès contre la Ligue ou la Fédé ? Ils font ce qu’ils veulent. Mais moi, ça m’emmerde« . Le RC Lens s’est refusé à tout commentaire.

(Source AFP)

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