L’affaire de la statue de Jenny d’Héricourt connaît un nouvel épisode judiciaire. Le Mouvement Franche-Comté a décidé de saisir le procureur général à la suite du classement sans suite de la plainte déposée le 26 mai 2025 contre Anne Vignot, alors maire de Besançon. Cette plainte, portée par l’avocat de l’association, Me Baptiste Monnot, visait des soupçons de "favoritisme" dans le choix de l’artiste Lili Reynaud-Dewar, chargée de réaliser l’œuvre.
Dans un communiqué, le président du Mouvement Franche-Comté, Jean-Philippe Allenbach, explique que son avocat vient de recevoir une copie du dossier d’enquête détaillant les investigations réalisées. C’est à cette occasion qu’il aurait découvert la décision du parquet, prise le 26 mai 2026, de classer l’affaire sans suite.
Une plainte portant sur le choix de l’artiste et les conditions de commande
Au cœur de la procédure figurent les modalités de désignation de Lili Reynaud-Dewar pour la réalisation de la statue de Jenny d’Héricourt à Besançon. Le Mouvement Franche-Comté reprochait notamment à l’ancienne maire de ne pas avoir organisé d’appel d’offres. Le communiqué pointe également la chronologie de la commande : selon le mouvement, Anne Vignot aurait signé le bon de commande le 4 juin 2024 et effectué de premiers paiements en juin et juillet de la même année, alors que le conseil municipal n'aurait donné son autorisation que le 7 janvier 2025, soit sept mois plus tard.
Le classement sans suite contesté par le MFC
La découverte de la décision du parquet suscite également des interrogations au sein du MFC. Selon Jean-Philippe Allenbach, Me Baptiste Monnot n'aurait été informé du classement sans suite qu'à l'occasion de la transmission récente du dossier d'enquête. Le communiqué souligne que la décision aurait été prise cinq mois auparavant, sans que l'avocat en soit alors informé et sans motivation portée à sa connaissance.
Autre motif d'insatisfaction : plusieurs actes d'enquête sollicités par Me Monnot n'auraient pas été réalisés. Parmi eux figure notamment l'audition d'Anne Vignot, que le mouvement considère comme "la principale personne mise en cause" dans cette procédure.
Des questions toujours en suspens
Pour le Mouvement Franche-Comté, le dossier ne permet toujours pas de comprendre les conditions précises dans lesquelles le projet a été attribué à l'artiste. Il s'interroge notamment sur les raisons ayant conduit au choix de Lili Reynaud-Dewar, sur les critères de sélection retenus et sur le fondement juridique permettant de se dispenser d'un appel d'offres. Il soulève également la question de la commande et des premiers règlements intervenus avant la délibération du conseil municipal.
Le communiqué résume ces interrogations en ces termes : ”On ne sait toujours pas pour quelles raisons, ni selon quel processus décisionnel, Mme Vignot avait choisi cette artiste”, déplore le mouvement, qui évoque également une proximité idéologique entre l'artiste et l'ancienne maire.
Le mouvement souhaite par ailleurs connaître les bases juridiques sur lesquelles Anne Vignot se serait appuyée pour engager la commande et commencer les paiements avant l'accord du conseil municipal.
Le procureur général désormais saisi
Face à ces interrogations, le Mouvement Franche-Comté indique avoir suivi la recommandation de son avocat et décidé de porter l'affaire devant le procureur général. L'objectif affiché par l'association est d'obtenir davantage de "transparence" sur les circonstances du choix artistique, les conditions administratives et financières de la commande ainsi que le déroulement de l'enquête judiciaire.


