La préfecture de Franche-Comté a retrouvé sa balustrade

Publié le 01/06/2014 - 08:42
Mis à jour le 16/04/2019 - 15:11

Les échafaudages sont encore là, mais le 26 mai dernier, la nouvelle toiture de l’hôtel de la préfecture de région à Besançon a été officiellement inaugurée par un dévoilement orchestré par des ouvriers perchés en haut de l’édifice. Un geste symbolique qui marque la fin des travaux de grande envergure engagés depuis 2011 sur ce bâtiment majeur de l’architecture bisontine. 

remarquable restauration

Charpente attaquée par des insectes xylophages, couvertures en mauvais état avec notamment des fuites par les plombs et le cuivre du dôme, mais aussi en raison d’une mauvaise qualité d’ardoise sur une moitié de la toiture, maçonneries dégradées, menuiseries n’assurant plus la mise hors d’air de l’édifice : en 2008 le constat était tel qu’il a conduit les services de la préfecture de Franche-Comté à engager une opération de restauration des façades et toitures de son bâtiment bisontin  qui abrite plusieurs services de la préfecture du Doubs, ainsi que la résidence privée du préfet.
 
Edifié en 1771 pour abriter l’Intendance de Franche-Comté, cet édifice construit par l’architecte bisontin Nicolas Nicole, sur des plans du parisien Victor Louis – l’architecte du Palais Royal à Paris et du grand Théâtre de Bordeaux -, appartient en fait au Conseil général du Doubs, lequel le met à disposition de l’Etat.
 

Une situation de quasi-péril

Réalisés en lien avec l’architecte en chef des monuments historiques - l’édifice étant classé -, les travaux de restauration, doublés d’une recherche de meilleure régulation thermique, ont nécessité en novembre 2011 l’installation d’échafaudages ceinturant tout l’édifice, ainsi que la pose d’un sur-toit appelé "parapluie".  Celui-ci était masqué par trois bâches, celle côté cour d’honneur reproduisant le fronton et son horloge. 
 
"Le bâtiment avait subi l’outrage du temps et justifiait cette restauration qui a été une vraie sauvegarde, car la toiture présentait une situation de quasi-péril, insiste Stéphane Fratacci, préfet de la région Franche-Comté, préfet du Doubs. La charpente a été pour partie remplacée, pour beaucoup restaurée ou étayée. Les combles ont été remis en état et rendus conformes aux normes d’isolation. La couverture en ardoise a été intégralement refaite à l’identique avec les mêmes gestes et les mêmes outils qu’au XVIIIe siècle. Des travaux ont été réalisés sur la maçonnerie. Et on est arrivé à ne pas paralyser la vie de la préfecture, à tenir des réunions malgré le chantier."
 

La balustrade de Victor Louis restituée

Dans son projet initial, Victor Louis avait fait courir une balustrade en haut de l’édifice en référence aux grands modèles italiens. Les toitures très pentues s’effaçaient derrière les balustres, seul le dôme devant nettement émerger de leur ligne d’appui. "L’histoire dit qu’à l’époque de la construction, l’intendant Lacoré n’était pas très enthousiaste car il pensait qu’il y aurait des infiltrations. Ca a été le cas et, vers 1810, elle a été retirée", raconte Stéphane Fratacci. Le parti pris de la restauration a été de restituer cette balustrade, signature de l’architecte parisien, à partir de documents et de vestiges. 
 
Le 26 mai 2014, le préfet a souhaité marquer la fin des travaux de grande envergure par l’inauguration de cette nouvelle toiture. Perchés au dessus des échafaudages, quatre ouvriers ont laissé symboliquement tomber la bâche qui masquait le fronton de la façade donnant sur la cour d’honneur. Entourée de ses sculptures restaurées elles aussi, l’horloge, bien que postérieure à la construction d’origine, a été conservée. "Elle n’était pas dans le projet de Victor Louis, mais nous avons décidé de la maintenir car elle est un repère dans Besançon", a indiqué Stéphane Fratacci.
 

Sortir de la toile d’araignée

D’un coût s’élevant à ce jour à environ 7 millions d’euros HT, la restauration de l’hôtel de la préfecture ne devrait s’achever qu’en 2016. Il reste pas mal de pierres à changer sur les façades et un travail méticuleux à faire sur les fenêtres dont certaines conservent leurs verres très fins du XVIIIe siècle. "Mon espoir dans la conduite du chantier est d’arriver à l’accélérer pour pouvoir enlever les échafaudages avant cet été, pour libérer la cour d’honneur et sortir le bâtiment de cette grande toile d’araignée que sont ces échafaudages", déclare cependant le préfet. 
 
A propos de la restauration de cette toiture, voir notre diaporama du chantier en cours, sous le "parapluie" à l'été 2013, dans l'article ci-dessous.

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