La Rodia "met le paquet" pour continuer de faire vivre les musiques actuelles à Besançon

Publié le 13/11/2020 - 15:29
Mis à jour le 19/11/2020 - 15:42

VIDEOS • Le deuxième confinement est en cours et La Rodia n’a pu rouvrir ses portes au public que pour quelques courtes soirées au début de l’été. Mais que se passe-t-il à l’intérieur ? Le public n’y a pas accès, pour autant, c’est une véritable fourmilière ! Entretien le 12 novembre dernier avec Manou Comby, directeur de la structure et Simon Nicolas, chargé de communication.

Le premier confinement ayant donné un véritable coup de massue sur le monde culturel notamment, à La Rodia, l'équipe s'est dit qu'il fallait proposer des évènements pour toucher le public autrement. Ca a commencé avec le premier Rooftop Festival rassemblant des DJ's sur leur terrasse qui faisaient danser les confinés à la maison, des lives enregistrés sur les terrasses bisontines (Bregille) avec notamment Eric Truffaz...

Et puis une liberté partielle a repris en mai, c'est là que les concerts sur la terrasse de la Rodia ont commencé. L'été passe avec un deuxième Rooftop Festival… Et puis le festival de rentrée Détonation doit être annulé. Nouveau coup de massue qui s'enchaîne avec un reconfinement le 30 octobre.

© La Rodia

Cette fois c'est sûr, il faut à tout prix trouver des idées, et en trouver des bonnes pour garder le contact avec le public et promouvoir les musiques actuelles, les artistes, et pourquoi pas en profiter pour faire quelques cachets aux intermittents. C'est sur quoi l'équipe de la smac bisontine planche depuis plusieurs mois.

Dans l'ombre… les résidences

Il faut savoir qu'une salle des musiques actuelles (smac) n'a pas uniquement vocation à programmer des concerts. Elle a également pour objectif d'accompagner les artistes, locaux et moins locaux, connus et moins connus à travers ce qu'on appelle des résidences. Pendant un, deux, trois jours, une semaine, deux semaines… les artistes qui le souhaitent peuvent investir La Rodia pour travailler (son, lumière, placement scénique…).

En temps normal, cette résidence se termine par une sortie de chantier, c'est-à-dire un concert de restitution pour rendre public ce que les artistes ont travaillé pendant leur séjour. C'est une facette de La Rodia qui est la moins connue du public et pourtant… entre septembre et octobre 25 jours de travail ont été effectuées en résidence et 36 jours d'accompagnement sont prévus entre novembre et janvier 2021. Parmi les artistes qui ont profité ou qui vont profiter de ces dispositifs de travail : Horskh, Napoleon Maddox, The Irradiates, Mystical Faya, ou encore Ici 17, Marion Roch, Sorg, Douglas Phantasm… et même le groupe Tagada Jones.

L'idée est également de proposer de la captation vidéo des artistes réalisée par des professionnels de l'audiovisuel travaillant en partenariat avec la smac.

Dans la lumière : "À genoux, mais pas couchés", "Moteur à La Rodia", conférences…

Pas de concert public ? Qu'à cela ne tienne, l'équipe de La Rodia ne se dégonfle pas et continue de faire vivre les musiques actuelles par d'autres biais inexploités par la structure jusqu'à présent. "L'idée est de proposer du contenu sur les musiques actuelles accessible au public", souligne le chargé de communication de la smac.

"À genoux, mais pas couchés"

Grâce à un collectif informel appelé "A genoux mais pas couchés", composé de La Rodia, du Bastion, du Bruit qui pense et des cafés-concerts tels que les Passagers du Zinc, le Bar de l'U, etc.) des clips vidéos sont tournés actuellement avec des artistes bisontins dans des cafés-concert à Besançon. Le groupe de metal Alta Rosa par exemple, a été mis en scène dans L'Antonnoir rue de Dole, le trio EDRF a joué au Pixel à la Cité des Arts ou encore Dirty Deep au Bar de l'U. Tous ces clips, accompagnés d'une interview des gérants de café-concert, seront diffusés à partir de la semaine prochaine sur les réseaux sociaux et notamment sur la page Facebook de maCommune.info.

"Moteur à La Rodia"

Début décembre, les Bisontines et les Bisontins, confinés ou pas (en attente des annonces du gouvernement ces prochaines semaines), pourront découvrir un nouveau magazine audiovisuel : "Moteur à La Rodia". Il s'agit d'une émission de 2 heures au cours de laquelle Simon Nicolas, chargé de communication de la smac et Sylvain Bombled, accompagnateur artistique, changent de casquette pour coanimer un débat avec des acteurs des musiques actuelles régionaux suivi d'un jeu sur le ton de l'humour.

"Par ce biais, on essaie de mettre en avant les activités invisibles de La Rodia, de montrer l'envers du décor", souligne Simon Nicolas, "c'était un gros chantier pour nous parce qu'on n'avait jamais fait de télévision avant".

"Retour sur des albums cultes"

Les conférences animées par Nicolas Sauvage continuent virtuellement. Le thème de ce cycle spécial : "Retour sur des albums cultes" à voir sur la chaîne YouTube de La Rodia.

"La Rodia est plus que jamais en lien avec son territoire"

"Petit à petit, on a appris à gérer le piétinement qui est la chose la plus insupportable à faire, c'est-à-dire déplacer des dates, les reporter… par exemple Paul Personne en est à son quatrième report pour jouer à La Rodia et ça, pour les équipes, c'est assez difficile à vivre", raconte le directeur de la smac, "et ce qui est apparu c'est qu'une boîte comme La Rodia est plus que jamais en lien avec son territoire."

Un redéploiement du budget pour "mettre le paquet"

Ce genre d'information est assez rare en ce moment pour le souligner : à La Rodia, les budgets sont redistribués pour faire vivre les musiques actuelles. En exemple, entre fin mai et le 12 novembre, 48.500€ ont été dépensés par la smac pour les concerts en terrasse, les Rooftop festival, etc. Autre exemple : le financement public prévu pour le festival Détonation a été réinjecté dans d'autres projets décrits précédemment dans notre article.

Le directeur de La Rodia précise que d'ici fin décembre 2020, près de 50.000€ seront encore utilisés pour développer des projets.

Le spectacle vivant n'est pas "une gaudriole"

Au-delà de toutes les nouvelles actions menées par La Rodia, tous (techniciens, programmateur, conseiller artistique, artistes, etc.) se posent la même question : "Quel avenir pour le spectacle vivant ?"

"D'une part on réagit, d'autre part on se pose beaucoup de questions sur l'avenir de notre filière et je pense qu'il est important que ce soit un débat qui ne soit pas uniquement dans nos réseaux, il doit aussi rentrer dans l'opinion publique", selon Manou Comby qui se questionne également sur les conséquences de ce reconfinement, "cette déconnexion des gens et du crash psychologique et social."

Deux chantiers en cours : la transition éco-responsable et la rénovation du bar

En parallèle des actions pour garder les musiques actuelles sur le devant de la scène, deux chantiers sont actuellement en cours à La Rodia.

Le premier concerne la transition éco-responsable de la smac. Il s'agit de dresser un bilan carbone de ses activités (bâtiment, transport du public et des artistes, etc.)

Le deuxième chantier concerne le bar. Souvent qualifié de "hall de gare" depuis l'ouverture de La Rodia il y a près de 10 ans, il sera rénové notamment avec le concours d'un street artiste qui fera jouer des lumières et ainsi offrir un nouvel esthétisme pour faire évoluer ce lieu d'accueil.

Ce chantier est en quelque sorte une transition pour clore la première décennie de La Rodia et en démarrer une nouvelle. "On souhaite que ce bar, qui joue aussi le rôle d'accueil du public, devienne un lieu polyvalent, on veut y proposer de la nouveauté", précise Simon Nicolas. Levé de voile en janvier 2021 pour les 10 ans de la smac.

Culture

Besançon, berceau oublié de l’anarchisme ?

Dans la boucle du Doubs, entre une citadelle classée à l'Unesco et les ateliers d'horlogerie qui firent sa fortune, Besançon a nourri l'une des traditions libertaires les plus singulières de France. De la naissance de Pierre-Joseph Proudhon au projet avorté de Commune en 1871, retour sur une histoire où la "ville horlogère" a longtemps battu au rythme des idées anarchistes... pour rappel.

À Besançon, Ludovic Fagaut accusé de dépolitiser l’art

Dans un communiqué de presse, l’ex-adjointe en charge de la Culture et conseillère municipale à la Ville de Besançon, Aline Chassagne (PCF) dénonce une « mise en pratique » de la « cancel culture » par le maire de Besançon Ludovic Fagaut. La raison à cela ? La décision prise par la Ville de Besançon de débaptiser le nom de l’exposition "Ni Dieu ni maître ! Art et anarchie de Courbet à Banksy" qui sera présente à Besançon du 27 février au 4 juillet 2026, pour "L’Art en liberté. De Courbet au Street art". Une décision également dénoncée en vidéo par Hélène Magnin-Feysot, conseillère municipale (LFI) sur ses réseaux sociaux.

À Besançon, Céline Girard redonne vie aux céramiques brisées grâce à l’art japonais du kintsugi

Installée à partir du 4 novembre 2026 Grande Rue, à Besançon, la restauratrice de céramiques Céline Girard perpétue la méthode traditionnelle japonaise du kintsugi. À l’Atelier Yumi Kintsugi, elle répare les objets abîmés à l’aide de laque végétale urushi et de poudre métallique, notamment d’or, pour faire des traces de la cassure un élément esthétique à part entière.

Le Festi’Diff revient faire vibrer la scène au rythme de l’inclusion à Labergement-Sainte-Marie

Le Festi’Diff de l’Espace Mont d’Or proposera une 9e édition placée sous le signe du partage, de la création et de l’inclusion les 13 et 14 novembre 2026 à l’Espace des Vallières de Labergement Sainte-Marie. Un événement pensé pour et autour de l’intégration du public handicapé ou empêché pour que "les différences ne soient plus un handicap, mais un enrichissement".
 

Festival de la photographie à Besançon – Rencontre avec GLADYS, figure singulière de la photographie contemporaine française

VIDÉO • Il y a des photographies que l’on regarde et puis il y a celles qui nous regardent en retour. À Besançon, la rencontre avec la photographe GLADYS appartient à cette seconde catégorie. À l’occasion du Festival de la photographie, organisé par Grain d’Pixel, la Galerie de l'ancienne poste accueille, jusqu'au 25 octobre 2026, le travail de cette photographe française de renommée internationale. Une exposition qui s’inscrit dans un contexte tout particulier : celui du bicentenaire de la photographie, qui invite à célébrer deux siècles d’images, mais aussi à s’interroger sur ce que la photographie continue de raconter de notre époque...
 

Tableau de Gustave Courbet : droit de réponse de Me Béatrice Cohen

DROIT DE RÉPONSE • En tant que conseil de la société adjudicataire du tableau litigieux, Béatrice Cohen, avocate au Barreau de Paris, souhaite apporter plusieurs précisions à la suite de la publication, le 10 septembre 2026, sur le site MaCommune.info, de l’article intitulé Une expertise judiciaire conclut à l’authenticité d’un tableau inédit de Gustave Courbet.

Ce week-end, les Absinthiades ont mis Pontarlier au vert…

PALMARÈS DES MEILLEURES ABSINTHES • Les 3 et 4 octobre 2026, Pontarlier a une nouvelle fois vécu au rythme de la fée verte. Pendant deux jours, les Absinthiades ont réuni professionnels, amateurs, passionnés et curieux autour d’un même emblème : l’absinthe. Un rendez-vous devenu incontournable, où la découverte se mêle à la convivialité et où, le temps d’un week-end, la célèbre boisson est véritablement reine.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 11.71C°
peu nuageux
le 16/10 à 05h00
Vent
2.08 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
90 %

Sondage